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Redirection du site [30 - Jun - 09 @ 18:45]
Sujet posté dans le thème: LIENS
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REDIRECTION DU SITE
Une saturation de spams m'a contraint à créer un nouveau site, faute de quoi ce travail de plusieurs années était condamné à la pure et simple suppression par l'hébergeur.
Nombre d'entre vous m'ont fait savoir qu'ils ne pouvaient plus le joindre. Ils pourront le retrouver à l'adresse suivante:
http://coeurdeptah.fr/wordpress/
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Pensées [13 - Apr - 09 @ 15:52]
Sujet posté dans le thème: POE
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Penser, vivre, mer peu distincte ;
Moi – ça – tremble,
Infini incessamment qui tressaille.
Ombres de mondes infimes,
ombres d'ombres
cendres d'ailes.
Pensées à la nage merveilleuse,
qui glissez en nous, entre nous, loin de nous,
loin de nous éclairer, loin de rien pénétrer ;
étrangères en nos maisons,
toujours à colporter
poussières pour nous distraire et nous éparpiller
la vie.
Henri Michaux
in " Plume "

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Reflets [12 - Apr - 09 @ 11:24]
Sujet posté dans le thème: POE
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A ce point de très grand
Vertige où l'on est prêt de confondre
Le fond lorsque le ciel
Se révulse dans l'eau
Et agite les branchies qu'ont
Les arbres à la place
Ce temps faible où l'on se sent
Verser
Tomber sous le coup réversible
Du sens
Être le ciel et l'eau
Le vide au fond qui bée.......
Sophie Loizeau
in " Le Corps Saisonnier "

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Le vipereau [10 - Apr - 09 @ 12:08]
Sujet posté dans le thème: GAL
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"Il glisse contre la mousse du caillou comme le jour cligne à travers le volet. Une goutte d'eau pourrait le coiffer, deux brindilles le revêtir. Ame en peine d'un bout de terre et d'un carré de buis, il en est, en même temps, la dent maudite et déclive. Son vis-à-vis, son adversaire, c'est le petit matin qui, après avoir tâté la courtepointe et avoir souri à la main du dormeur, lâche sa fourche et file au plafond de la chambre. Le soleil, second venu, l'embellit d'une lèvre friande.
Le vipereau restera froid jusqu'à la mort nombreuse, car, n'étant d'aucune paroisse, il est meurtrier devant toutes. "
René Char
in " Commune présence "

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Nous [9 - Apr - 09 @ 00:44]
Sujet posté dans le thème: GAL
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« Nous le chant silencieusement passe en nous c’est lui que nous entendons ensemble et qui nous déplace d’un lieu à un autre lieu ce chant est notre voyage. »
Henri Meschonnic
Uriel est venu le prendre par la main...
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J'ouvre le livre... [8 - Apr - 09 @ 18:05]
Sujet posté dans le thème: POE
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J’ouvre le livre,
un peu comme
on ouvre une fenêtre
pour découvrir, dès l’aube,
un fragment de paysage.
Après je bénis le jour
Personne ne me voit. Je parle.
Je donne du pain aux morts.
Et je jette les dernières étoiles
au fond du puits
Jacques Josse
in " Vision claire d’un semblant d’absence au monde "

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Nommer [6 - Apr - 09 @ 10:54]
Sujet posté dans le thème: POE
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Nommer
Foudre et limon
Ciel et terre
Confondus
Se nommer
Dans le bref
Entre la lueur
D'un chant
Et les serres
De la nuit.
Andrée Chedid
in " Territoires du souffle "

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Assis, en automne, au village de la Grue verte [5 - Apr - 09 @ 12:10]
Sujet posté dans le thème: POE
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Le vent d’ouest se lève, la pluie va cesser,
Ciel immense, nul lambeau de nuage.
Dans la salle vide, inerte, on contemple les merveilles :
Parfum céleste des fruits du cannelier tombant à profusion
Yujong .(1544-1610)

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Ta voix [3 - Apr - 09 @ 22:42]
Sujet posté dans le thème: POE
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une pensée de toi m’a effleuré
en chuchotant Je ne fais que passer
C’était ta voix
ta voix de vent léger sur les dunes
ta voix de mer qui souffle sous une lune pâle
voix de pieds nus de feu de bois de citronnelle
de la mousse d’écume aux crêtes de la vague
ta voix traverse-temps qui tisse mon espace
Claude Roy
in " Les rencontres des jours "

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Hâleurs [2 - Apr - 09 @ 10:31]
Sujet posté dans le thème: POE
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On marche dans la fêlure intime du monde
Ces soubresauts nés de la douleur primitive
Quelle est la voix qui le dira ? Quel sera
ce corps qui saura mener jusqu'à son terme la
Valse triste ?........
Frank Venaille
in " La Descente de l'Escaut "

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Un nuage vagabond traverse l'azur [1 - Apr - 09 @ 16:49]
Sujet posté dans le thème: POE
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Fin de printemps sur fleuve et lac, vent de la chute des fleurs,
Au coucher du soleil un nuage vagabond traverse l’azur,
A son aune on mesure la vanité du monde,
Dix mille affaires toutes oubliées dans un rire
Sonsu .(1543-1615)

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Ermitage de l'Illusion [31 - Mar - 09 @ 14:56]
Sujet posté dans le thème: POE
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Le corps semble une fleur de vide : nul lieu où le chercher,
Aux six fenêtres vent et lune embrassent pureté et vacuité.
Dans le néant on dirait l’être : à nouveau il n’est pas réel,
Quatre murs éclatants : un instant pour demeure empruntés.
Hyegun (1320-1376)

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La Torche [30 - Mar - 09 @ 12:33]
Sujet posté dans le thème: POE
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La nuit vint, puis la neige aussi,
Sous la cape de neige une montagne.
A mille mètres de profondeur
sous la montagne il y a une torche,
qui brûle. Je la veux
en soleil pour ma nuit,
je veux l’impossible,
absolument
Pentti Holappa
in " Les Mots longs "

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Aucun chemin... [27 - Mar - 09 @ 14:29]
Sujet posté dans le thème: POE
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Il n’existe aucun chemin ;
la quête que nous poursuivons
repose en chaque chose approchée
en chaque instant qui délivre ses clartés.
Le temps ne s’écoule pas. Le temps
brûle à nos côtés, silencieux
et bordé de roc qu’il fissure
lentement, dans le désert intérieur.
Aucun chemin. Juste quelques pas
à la lisière de l’aube.
Hélène Dorion
in " D’argile et de souffle "

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Quoi d'autre... [26 - Mar - 09 @ 21:45]
Sujet posté dans le thème: POE
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Qu'en est-il d'une musique,
qui cesse de se faire entendre ;
et d'une brise qui cesse
de voler de-ci de-là ; et qu'en est-il,
d'une lumière qui s'éteint ?
Mort, dis, et toi, qu'es-tu d'autre que silence
calme et ombre ?
Juan Ramón

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Etreinte [25 - Mar - 09 @ 14:35]
Sujet posté dans le thème: POE
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la bouche ouverte boit
le vent pluvieux toujours resurgissant,
le vent qui vient d'ailleurs
et porte en soi comme une absence
le silence pareil au germe jaillissant
hors du commencement sans visage et sans lieu :
respirer de nouveau, plonger dans le temps fabuleux des noces
où s'étreignent le jour et la nuit emmêlés.
Claude Vigée
in " Danser vers l'abîme "

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Ecriture [24 - Mar - 09 @ 14:25]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Écrire, c'est entrer en contact avec quelque chose de très lointain. A partir du moment où le moi ne commande plus, où la pensée consciente n'est plus seule à diriger l'écriture, le langage semble libérer une énergie qui doit être à la fois celle de sa matière même, une matière chargée de siècles de culture et d'histoire, et celle du corps, donc de l'inconscient qui, soudain, prend la parole. Vous touchez alors à quelque chose qui, tout en étant le présent même, est chargé d'un passé immémorial, comme la crête d'une lame de fond. Vous ne dominez plus votre langage, comme on dit, c'est lui qui vous domine. Toute distance s'évanouit. Or, plus vous entrez dans le langage, plus vous vous tenez au plus près de lui, plus il s'ouvre, plus il se creuse d'une profondeur infinie. Et c'est elle qui s'entend à travers votre voix.
Jacques Ancet
in " Chutes "

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Le Chemin [23 - Mar - 09 @ 10:19]
Sujet posté dans le thème: POE
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Ce n'est pas l'ombre que je cherche
Ni l'humble signe
De la halte sous les palmiers
Tranquilles ni l'eau ni l'ange
Gardien d'oasis
Je cherche le chemin qui dure
Toujours toujours toujours...
Anne Perrier
in " la Voie nomade "

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Double [22 - Mar - 09 @ 11:09]
Sujet posté dans le thème: POE
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Je parle d'est et d'ouest
je suis parole dans l'eau du miroir
sombre et clair
mon nom voilé ensemence
celui auquel je m'adresse
le dédouble
le fait parler au féminin.
Laurent Margantin
in " Cycle du Ginkgo "

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La voix... [21 - Mar - 09 @ 14:25]
Sujet posté dans le thème: POE
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...je suis au centre où plus rien n'existe
que la lumière d'une fenêtre
comme suspendue entre ici et là-bas
hier et demain j'écoute une voix
je ne la reconnais que trop tard
elle parlait entre deux silences
et ne m'a laissé que cet instant
sans visage où plus rien n'a de nom.
Jacques Ancet
in " Un morceau de lumière "

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Notre vie-sommeil [20 - Mar - 09 @ 23:45]
Sujet posté dans le thème: POE
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Là-bas, la blanche voile sombre, offerte
A quelque brise immatérielle,
Saura conduire notre vie-sommeil
Jusqu'aux lieux où les eaux se mêlent
Aux rives bordées d'arbres noirs,
Où les forêts inconnues s'accordent
Aux élans du lac vers plus d'être,
Afin de rendre le rêve complet.
Là-bas nous saurons bien nous cacher, disparaître,
Engloutis dans le vide liséré de la lune,
Ressentant que cela qui fait notre substance
En d'autres temps était musique.
Fernando Pessoa
in " Le violon enchanté "

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Clarté [19 - Mar - 09 @ 12:25]
Sujet posté dans le thème: GAL
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"La clarté ne nait pas de ce que l'on imagine le clair mais lorsque
l'on prend conscience de l'obscur."
Carl Jung

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Dernière rencontre [18 - Mar - 09 @ 14:14]
Sujet posté dans le thème: POE
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Lorsque la mort viendra, aurai-je assez de paix en moi, et de désir, et de silence ? Faudra-t-il rencontrer pour la dernière fois, dans le miroir du vent, celui que je n'ai pas su être ?...
Bernard Delvaille
in " Jardins d'hiver "

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Emotions [17 - Mar - 09 @ 11:37]
Sujet posté dans le thème: GAL
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"Sans émotions il est impossible de transformer les ténèbres en lumière et l'apathie en mouvement."
Carl Jung

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Elle dit... [15 - Mar - 09 @ 14:13]
Sujet posté dans le thème: POE
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Elle dit "l'ombre est veuve de ma vie le soleil pousse"
....................
Elle dit: "A semer du rire que
récolte-t-on?"
...................
Elle dit "Il y a dans ma mémoire, très au fond, de très petits livres, très beaux et très fragiles, doux à mes doigts, rêches sous ma langue, entourés d'odeurs inhabituelles comme d'une traîne ou d'un envol de lucioles"
..................
Elle dit "en bout de plume ou de pinceau quoi
le monde incertain des lèvres"
Raphaël Monticelli
in " Elle dit "

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Les yeux ouverts [11 - Mar - 09 @ 00:14]
Sujet posté dans le thème: POE
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Derrière la palissade rouge
on aimerait vivre et vieillir très
longtemps, on serait
un homme sans crainte, sans presque
de désir et seulement les arbres
parleraient de vous, diraient la sève
et le surcroît, l'immobile
mouvoir des heures et puis la mort
comme une écorce mouillée, on serait là, les yeux
ouverts, juste une vie, derrière une palissade rouge.
Claude Esteban
in " Le jour à peine écrit "

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naissance [10 - Mar - 09 @ 12:01]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Combien naître nous scinde ! Empêtré d'un miroitement de papillons, j'affronte de mon étincelante pâleur le ciel.
Jean Grosjean

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Mots... [9 - Mar - 09 @ 14:34]
Sujet posté dans le thème: POE
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Ces os qui brillent dans la nuit,
ces mots telles pierres précieuses
dans le gosier vivant d'un oiseau pétrifié,
ce vert tant aimé,
ce lilas chaud,
ce cœur qui seul est mystérieux..
, Alejandra Pizarnik
in " l'Arbre de Diane "

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Retour [8 - Mar - 09 @ 12:21]
Sujet posté dans le thème: POE
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Si Jamais tu reviens en terre natale
A pas lents comme un cheval dont le soir accroît la fatigue
Oh va dans ce jardin
Retrouver la rose méconnaissable
Le chrysanthème à la crinière de lion
- D'immenses araignées volent avec des papillons
Comme dans les fièvres de l'enfance
Souris ou pleure mais ne crains rien
C'est l'ombre qui remue avant d'être nuit claire.
Georges Schehadé
in " Poésies V "

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Autoportrait [7 - Mar - 09 @ 13:32]
Sujet posté dans le thème: POE
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Et vous pouvez me dire : Où avez-vous pris cela ?
- Textes reçus en langage clair ! versions données sur
deux versants ! …Toi-même stèle et pierre d’angle ! Et
pour des fourvoiements nouveaux, je t’appelle en litige
sur ta chaise dièdre,
Ô Poète, ô bilingue, entre toutes choses bisaiguës, et
toi-même litige entre toutes choses litigieuses - homme
assailli du dieu ! homme parlant dans l’équivoque ! ah !
comme un homme fourvoyé dans une mêlée d’ailes et
de ronces, parmi des noces de busaigles !
Saint-John Perse
in " Vents II, 6."

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Le For intérieur [6 - Mar - 09 @ 15:06]
Sujet posté dans le thème: POE
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Parce que tu te tiens
au bord du jardin
de l'aube du jour
à chaque levée des ténèbres
tu sens que la vie t'emporte
Tu descelles la pierre noire
la lourde cécité des limbes
........................
Le chant s'est pendu aux branches du saule
il hante nos fenêtres
Colette Nys-Mazure
in " Feux dans la nuit "

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Jour d'été [5 - Mar - 09 @ 13:30]
Sujet posté dans le thème: POE
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quel tendre brouillard tremble
autour du fleuve temps
tant de soie déchirée
embue la soie du cœur...
Martine Broda
in " Grand Jour "

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Tu te doutes de la patience... [3 - Mar - 09 @ 23:40]
Sujet posté dans le thème: POE
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...scribe dans la nuit de la langue
quand la nuit parle la langue du néant
tu es sur cette terre
pour cultiver ton âme
apprivoiser ce qu'il y a d'humain
dans l'angoisse
habiter la parole de la parole
et conserver la promesse du poème
Amina Saïd
in " Au présent du monde "

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Déplacement [2 - Mar - 09 @ 17:20]
Sujet posté dans le thème: POE
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Ne faîtes pas une seule chose à la fois
Le soleil n'entre-t-il pas par deux côtés en même temps
Et la lumière ne revient-elle pas du fond du miroir
comme du fond d'un tableau flamand ?
............................
Toi aussi traverse intensément le connu
Geneviève Pastre

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Folie [28 - Feb - 09 @ 14:41]
Sujet posté dans le thème: POE
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Au point où en sont les choses, de quelle clarté perdue
venons-nous ? Qui peut se souvenir de l'inexistence ?
Il serait sans doute plus doux de revenir, mais
nous entrons indécis dans une forêt d'aubépines. Il n'y a rien
au-delà de l'ultime prophétie. Nous avons rêvé qu'un dieu
nous léchait les mains : nul ne verra son masque divin.
Au point où en sont les choses,
la folie est parfaite.
Antonio Gamoneda
in " Clarté sans repos "

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Mots [27 - Feb - 09 @ 14:03]
Sujet posté dans le thème: POE
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Il pleut. Tu entends les mots résonner ?
Tu vois leur trace ?
- Tissée
dans le contour fugacement donné aux fleurs
Au moins le temps d'une plantation d'anémones
ils survivront aux calices, aux mains qui tâtent
de tache aveugle en tache aveugle.
Arrête-toi près de la pluie.
Touche les mots, le braille du vivant.
Marie-Claire Bancquart
in " Rituel d'emportement "

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Les larmes du monde [26 - Feb - 09 @ 14:53]
Sujet posté dans le thème: POE
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Les images
m'imaginent
je deviens
ce que je vois
les larmes du monde
c'est moi
et les rires
je marche un nuage de rires
devant moi
un nuage de larmes
derrière moi...
Henri Meschonnic
in " Et la terre coule "

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Herbes rares [25 - Feb - 09 @ 14:20]
Sujet posté dans le thème: POE
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Monticules terreux
les siècles dorment
Quelques troupeaux viennent brouter
les herbes rares
de leur profond sommeil
Tu rêves de leur lent réveil
dans les couleurs ensoleillées
de leurs foules
Marie-Ange Sebasti
in " Marges arides "

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Blanche [24 - Feb - 09 @ 14:34]
Sujet posté dans le thème: POE
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Blanche.
Elle divise le temps
en deux.
Sceptre et cilice.
L'écume ne meurt pas
lèvres ouvertes
aux lèvres.
Blanche.
Emmurant l'oiseau.
Tranchant le nerf fragile des coquilles.
sans que la voix
revienne.
Nue dans le sel.
Claude Esteban
in " Le jour à peine écrit "

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Ecriture [23 - Feb - 09 @ 15:15]
Sujet posté dans le thème: POE
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….j'écris sur le vide, j'écris dans la nuit
une araire défonce et sculpte le dos des dieux
personne, ni toi, ne lira ce qui est transparent
la métonymie du fond, le partage des dépouilles
Jacques Dupin
extrait de " l'Esclandre ", in " Rien encore, tout déjà "

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Tracements [22 - Feb - 09 @ 15:08]
Sujet posté dans le thème: POE
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..Tout livre vrai est un
comme cette écriture d'oiseau
sur la vitre que le soleil révèle
nous avons besoin de tracements
sur nos transparences et d'une
certaine lumière à la fenêtre..
Heather Dohollau
in " Une suite de matins "

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Reflet... [21 - Feb - 09 @ 14:36]
Sujet posté dans le thème: POE
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ce que garde la montagne de notre désir
elle nous le rend en silence
au brisé de notre âme
comme si l'amour n'était pas que pureté minérale
comme si la plénitude n'était pas la neige.
Sylvie Fabre G
in " Les yeux levés "

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Tu es là... [20 - Feb - 09 @ 22:57]
Sujet posté dans le thème: POE
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Ô mélange si profond des bras dans le
poème, syllabes miroitantes au bout
de la jetée, gouffre du sommeil Une tête se
penche sous l'orage, où tu remues la bouche
Comme si je fermais les yeux vers toi Roses
dans la petite gare À présent le train
est sombre, dis-tu Mélange si profond des bras et
du poème Ô lumière des fruits Je rêve
contre l'épaule incréée du poème Âme
du sommeil dans ce chenal Quelle parcelle
de murmure est à la proue ? Tu est là
Mathieu Bénézet
in " Mais une galaxie "

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Désir [19 - Feb - 09 @ 17:35]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Dans le retirement du corps gît le désir. Ton cri s'use dans le cri. Il y a des bûchers intérieurs, des bouches séchées au grand feu, des bras tisons qui ne peuvent enlacer la parole sans la brûler. Peine perdue de la passion. Tu sais que tu ne sauras jamais rien, coupée en deux, le ciel la terre, et l'ange au milieu, - inatteignable.
Le corps voyage dans le visible, il pressent la révélation au-dehors. Il existe magnifiquement. Sa vérité t'éblouit : Milliers de signes par tous les pores. Apprendras-tu à les lire ?
Sylvie Fabre G
in " Corps subtil "
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neige [18 - Feb - 09 @ 21:20]
Sujet posté dans le thème: GAL
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"L’ouvert ouvre sur le vide d’un espace blanc. La neige est la meilleure image d’un retour à l’uni, la paix, le silence de ce matin d’enfance, le jardin croulant sous son manteau immaculé : « L’aube muette dans sa plume … »
Saint-John Perse

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Murmure des ailes et murmure de l’eau [17 - Feb - 09 @ 12:15]
Sujet posté dans le thème: POE
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Le monde qui vient à notre rencontre nous murmure les contours
des arbres qui bruissent à l’horizon
et grandissent des ombres courbées.
Assieds-toi sur le seuil
et attends
que le soir se déplace...
Vesna Parun
in " La pluie maudite et autres poèmes "

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Chaque jour... [15 - Feb - 09 @ 16:44]
Sujet posté dans le thème: POE
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CHAQUE JOUR
s’approcher d’un pas
dans le sombre miracle
de l’invisibilité
au soir parvenir à la nuit
au matin parvenir au jour
Avec le mot atteindre en aveugle le silence
sans savoir
et avec les seules larmes
pour unique avoir
cherchant cette sortie
qui poursuit la route avec la vie
jusqu’à ce qu’un horizon ait nom Mort
Nelly Sachs
in " Partage-toi, nuit "

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entre les bords du temps... [14 - Feb - 09 @ 15:54]
Sujet posté dans le thème: POE
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...Vivre entre les bords du temps comme dans une coupe
où la feuille sèche et courbée comme une voile
Est le fragile bateau d’une fleur de mai
Qui sait en quelle direction souffle le vent.
Heather Dohollau
in " Les Portes d’en bas "

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Fumées [12 - Feb - 09 @ 14:18]
Sujet posté dans le thème: POE
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Car ce qui a été vécu
sera rêvé
Et ce qui a été rêvé
revécu
Nous n’aurons pas trop de nuits
Pour brûler les branches tombées
à notre insu
Pour engranger l’odeur durable
des fumées
François Cheng
in " Qui dira notre nuit "

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Le Sel du Silence [11 - Feb - 09 @ 19:37]
Sujet posté dans le thème: POE
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Plein calme sur le lac
Du fond monte le silence —
comme une île plate et ronde à fleur d'eau
une grande feuille étale
— lotus nénuphar —
les monts éclairés retiennent les vents.
Serge Meitinger

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Fantômes [10 - Feb - 09 @ 23:48]
Sujet posté dans le thème: POE
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ils disent :
nous n’avons plus de pente, plus de monde sur les épaules, la
pluie ne nous traverse plus au sec, elle suinte le long de l’os et
dégoutte sur la peau, notre tête moisit en premier et ça fait mal
dans leur bruit personne ne les entend.
Ils n’ont même plus assez de mémoire.
Ils sont définitivement penchés du même côté.
Il leur pousse des fleurs entre les pieds.
Ludovic Degroote
in " Pensées des morts "

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Une Pierre [8 - Feb - 09 @ 18:39]
Sujet posté dans le thème: POE
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Il se souvient
De quand deux mains terrestres attiraient
Sa tête, la pressaient
sur des genoux de chaleur éternelle.
Étale le désir ces jours, parmi ses rêves,
Silencieux le peu de houle de sa vie,
Les doigts illuminés gardaient clos ses yeux.
Mais le soleil du soir, la barque des morts,
Touchait la vitre, et demandait rivage.
Yves Bonnefoy
in " Les Planches courbes "

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Papillons Parme [7 - Feb - 09 @ 15:53]
Sujet posté dans le thème: POE
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Je fus graine du soleil plantée en terre,
Mise au monde par une tempête d’eau
entre poussière stellaire et cri plaintif coloré.
Je voulais naître papillon,
aigle
et que des plumes dorées me poussent,
mais je suis née figuier aux racines énormes
et des branches me sortirent
et, des feuilles, de ces branches
et des yeux me naquirent dans l’écorce...
Lina Zerón

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Jeune est le temps... [6 - Feb - 09 @ 19:36]
Sujet posté dans le thème: POE
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Les hirondelles fendent l’air
et les cieux ne se fissurent pas
le lac reflète les nuages
et l’eau ne se trouble pas
Fugitivement nous troublons
par notre passage le temps
et la sphère bientôt se reforme
limpide et ne change pas.
Lala Romano
in " Jeune est le temps "

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Battement [4 - Feb - 09 @ 14:26]
Sujet posté dans le thème: POE
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...
Nous nous replions jusqu'à ce mince battement
qui nous sépare de la mort, juste le sang,
et si nous écoutons le paysage, ce n'est par pour aimer
sa musique
mais pour un autre bruit messager de palpitation.
Marie-Claire Bancquart
in " Dans le feuilletage de la terre "

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Le heurt [3 - Feb - 09 @ 23:13]
Sujet posté dans le thème: POE
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Tu marchais
Parcourant la trace de la terre
Où bruit l’obscur et l’incertaine qui repose
Voici
L’herbe enclave
A cette pierre
Ô fausse clarté de l’ascendance
Don lumineux des pierres agissantes...
Béatrice Douvre
in " Voix d’une autre année "

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Peur [31 - Jan - 09 @ 14:44]
Sujet posté dans le thème: POE
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Quand un poisson des grandes profondeurs, devenu fou, nage anxieusement vers les poissons de sa famille à six cents mètres de fond, les heurte, les éveille, les aborde l'un après l'autre :
"Tu n'entends pas de l'eau qui coule, toi ?"
"Et ici on n'entend rien ?"
"Vous n'entendez pas quelque chose qui fait “tche’’, non plus doux : “tchii, tchii”?"
"Faites attention, ne remuez pas, on va l'entendre de nouveau"
Oh Peur, Maître atroce !
Le loup a peur du violon. L'éléphant a peur des souris, des porcs, des pétards. Et l'agouti tremble en dormant.
Henri Michaux
in " La nuit remue "

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Vie [29 - Jan - 09 @ 11:56]
Sujet posté dans le thème: POE
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Omniprésente, imperturbable
Est la vie dont surgit la mort.
Il ne faut pas de plainte, il ne faut nulle plainte
Puisque les seigles ondulent près des ruines...
Seamus Heaney
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Les échappés... [28 - Jan - 09 @ 14:07]
Sujet posté dans le thème: POE
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"Si lourds
si lourds
si mornes leurs monuments
si empires, si quadrilatères
si écraseurs barbares, si vociférants,
et nous si nénuphar
si épis dans le vent
si loin du cortège
si mal dans la cérémonie
si peu de notre âge et tellement toujours à la promenade…"
Henri Michaux
in " Iniji "
 
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Métamorphoses [26 - Jan - 09 @ 14:59]
Sujet posté dans le thème: POE
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...Si nous étions les buis d'une divinité
sculptés avec tendresse, au ciseau doux ?
Le sombre à l'intérieur de nous
sortirait en feuilles minimes
serrées
d'odeur profonde...
Marie-Claire Bancquart
in " Avec la mort quartier d'orange entre les dents "

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Ce matin... [23 - Jan - 09 @ 11:22]
Sujet posté dans le thème: POE
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Ce matin est plein de brume
Où des oiseaux se mêlent à des feuilles
Des oiseaux froids se suivent
À peine si l'on distingue
Tant c'est l'aube
Leurs jeux du peu de nuit
Restée au sol d'automne
Les troncs penchent
Où nous avions marché
Par degré dans l'eau de la lumière
Comme un corps enchevêtré qui a mémoire
Et le temps pour œuvre.
Béatrice Douvre

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Ou alors... [22 - Jan - 09 @ 11:55]
Sujet posté dans le thème: POE
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Je marchais
le long d'un mur
ou alors
c'était mon ombre
ou alors le mur
était l'ombre ou alors
la nuit était un mur
qui avançait avec moi
ou alors
un pas de rêve que
nous rêvions ensemble
à hauteur d'ombre
nous tombions
tombions
ensemble
Rose Ausländer
in " revue If, numéro 27 "

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Noir [19 - Jan - 09 @ 15:21]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Ce noir, travaille-le
à l'empêtre à la pâte
tisonne-le dans l'être,
chauffe-le à blanc,
qu'il te dénude,
assèche peut-être,
il te rendra la vue...
Charles Dobzynski

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L'air était si doux... [16 - Jan - 09 @ 14:04]
Sujet posté dans le thème: POE
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L’air était si doux ce matin qu’on aurait pu s’y appuyer
On entendait à peine la respiration lointaine des oiseaux
Seulement le bruit léger des vêtements qu’on froisse et
Le passé ce brouillard de l’âme tirait vers la mélancolie ...
Alain Duault
in " Où quelque chose a frémi "

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La croisée des chemins [15 - Jan - 09 @ 13:39]
Sujet posté dans le thème: POE
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À la croisée des chemins entre brande et lande
Entre yin et yang au premier souffle bleu
Prescience des gentianes à la jonction des
Joncs et des aulnes au jaunissement sacré
Du feuillage intérieur là où l'esprit se tapisse
Au frémir de l'aubier au premier râle dans
L'eau cloque où le martin-pêcheur émigre
Du cristal au crépitement du temps au grelot
de la neige là où de rien commence
La mutation l'indéchiffrable au goût
De menthe fraîche.
Charles Dobzynski
in " Le Réel d'à côté "

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La matière [14 - Jan - 09 @ 14:52]
Sujet posté dans le thème: POE
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la matière des sons
leur texture m'est offerte
m'est ouverte
leur texture jusqu'à la torture
étrangement manipulés
m'éprouvant,
les sons innombrables qui me disjoignent
autrement me joignent,
m'unifient, s'unifient
Enveloppements ! Envahissement
Soie dans les fibrillations
Henri Michaux
in " Face à ce qui se dérobe "

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Un son de mains... [13 - Jan - 09 @ 14:32]
Sujet posté dans le thème: POE
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Nous vivons ici-bas une main serrée sur la gorge. Que rien ne soit possible était chose connue de ceux qui inventaient des pluies et tissaient des mots avec la torture de l'absence. C'est pourquoi il y avait dans leurs prières un son de mains éprises du brouillard.
Alejandra Pizarnik
in " l'Arbre de Diane "

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Mon piano [12 - Jan - 09 @ 14:34]
Sujet posté dans le thème: GAL
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J’approche. Il est prêt.
Je souffre. Il fait le chant.
J’apporte l’obsession, la gêne, l’oppression :
Il fait le chant
J’apporte la situation sans remède, le vain déploiement des efforts, le ratage de tout avec la mesquinerie, les précautions emportées par le vent, par le feu, par le feu, par le feu surtout :
Il fait le chant.
J’apporte l’inondation de sang, le braiment des ânes contre la paix, les camps, le travail forcé, la misère, les emprisonnés de la famille, les choses à demi, les amours à demi, les élans à demi et moins qu’à demi, les vaches maigres, les hôpitaux, les interrogatoires de police, les lents mourants dans les bleds perdu, les amers vivants, les foutus, ceux qui dérivent avec moi sur la banquise folle :
Il fait le chant.
Henri Michaux
in " Passages "

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des riens... [10 - Jan - 09 @ 14:55]
Sujet posté dans le thème: GAL
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La poésie construite avec peu de matière, avec des feuilles, avec des grains de sable, avec de l’air, avec des riens...
Joseph Joubert

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Les trois cercles [9 - Jan - 09 @ 14:29]
Sujet posté dans le thème: GAL
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J'aurai vu. J'aurai saisi, à force, les trois cercles : le commun, le propre et celui de l'arcane. J'aurai su le désir et le vide.
Parfois, trop proche de comprendre, j'aurai baisé les lèvres de l'abîme.
Quelques chances m'auront sauvé. Il me faudra beaucoup d'esprit, à la dernière passe, pour rire de l'infime chemin parcouru.
Franck André Jamme
in " Par les trous du manteau de l'apparence é

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Crépuscule [8 - Jan - 09 @ 23:30]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Crépuscule, comme vous êtes doux et tendre ! Les lueurs roses qui traînent encore à l'horizon comme l'agonie du jour sous l'oppression victorieuse de sa nuit, les feux des candélabres qui font des taches d'un rouge opaque sur les dernières gloires du couchant, les lourdes draperies qu'une main invisible attire des profondeur de l'Orient, imitent tous les sentiments compliqués qui luttent dans le cœur de l'homme aux heures solennelles de la vie.
Charles Baudelaire
in " Le Spleen de Paris, petits poèmes en prose "

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Ce soir [6 - Jan - 09 @ 17:31]
Sujet posté dans le thème: POE
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D’oubli éphémère est ce soir.
Il me narre l’histoire que j’ai perdue.
La pluie est lasse comme cette main,
retournée immobile sur la page blanche.
Vertige qui oppresse, et stridence, comme
un grincement de dents, stridence, corde
qui sublimement vague, ce soir désaccordée,
avec l’harmonie du Tout...
Rita R. Florit

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Une femme... [5 - Jan - 09 @ 14:37]
Sujet posté dans le thème: POE
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une femme elle reste à la fenêtre elle ne se jette pas par-dessus bord elle n'ouvre pas elle regarde la vitre ou quelque chose dehors derrière la vitre on n'en sait rien elle ne dit rien de ce qu'elle voit est-ce qu'elle voit seulement et puis son front il est collé ça fait de la buée sur cette vitre qui la sépare du monde...
Albane Gellé
in " un bruit de verre en elle "

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Ardoise [4 - Jan - 09 @ 15:20]
Sujet posté dans le thème: POE
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Tu gardes en toi
le sceau des fougères et des prêles,
le calque des écorces, étant
paume ouverte du temps
mémoire des ruches de la vie
où bourdonne encore en nos doigts
l'enfance des reptiles.
Jacques Lacarrière
in " Lapidaire "

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Ton nom... [3 - Jan - 09 @ 17:11]
Sujet posté dans le thème: POE
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Ton nom - un oiseau dans la main,
Ton nom - sur la langue un glaçon.
Un seul mouvement de lèvres.
Quatre lettres....
...
Ton nom - le baiser sur les yeux,
Sur le tendre froid des paupières.
Ton nom - le baiser sur la neige.
Gorgée d'eau bleue qui sourd, glaciale,
Avec ton nom - le sommeil est profond.
Marina Tsvétaïeva
in " Poèmes à Blok "

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Principe [2 - Jan - 09 @ 15:09]
Sujet posté dans le thème: POE
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Le centre de la joie
comme principe
de toute gravité...
André Ughetto
in " Rues de la Forêt Belle "

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Lézarde entre deux nuits [1 - Jan - 09 @ 18:41]
Sujet posté dans le thème: POE
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Les ajoncs, la pierraille au sursis de l'hiver,
Haute ruine aux lambeaux de songe,
Tous les siècles de l'obscur dans le vent,
La vallée, le grand pays familier et désert.
Le couple né de ces granits, de ces racines,
Et moi qui porte au fond des mots, au fond du sang
Je ne sais quel appel, je ne sais quel écho
De ce passage de serfs et de guerriers,
De vagabonds, de paysans et de rois,
D'enfances tenaces et terrifiées,
L'effrayante ou miraculeuse saveur
D'une lézarde entre deux nuits.
Georges-Emmanuel Clancier
in " Terres de Mémoire "

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Tantôt [31 - Dec - 08 @ 13:11]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Où il y a l'attente, longtemps, et sans retour, où il y a dire, et puis ne plus pouvoir dire, où il y a écouter et puis ne plus pouvoir écouter, où il y a regard et puis tenter de regarder encore, et sans retour. C'est un chant, et malgré la douleur, il n'y a rien d'orphique, c'est un chant sans retour. Chaque mot creuse, là où il est pour un instant, là où il est, même dans l'absence.
Jacques Ancet
in " Rien n'avait changé mais rien n'était plus comme avant "

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Les couloirs du Rêve [30 - Dec - 08 @ 23:34]
Sujet posté dans le thème: GAL
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C'est par ici, par les couloirs magiques de la nuit que reviennent vivants les morts bien-aimés, la grand-mère de Proust ou mon père, les villes perdues, Oran, Osnabrück, plus belles que jamais dans la distance où le rêve les retient, c'est ici que les aveugles luttent en s'échangeant, es-tu moi? es-tu mon frère? Ici même c'est l'autre monde, on y est sans effort, en fermant les portes des yeux. Ici, chez le Rêve, la mort devient ce qu'elle est : une séparation seulement presque interminable, interrompue par des retrouvailles brèves et extatiques, dans une rame de métro ou dans un train. Les voix s'échappent du silence. Ici même c'est l'autre musique. Écoutez ! Sommes-nous dehors? Sommes-nous dedans? Vous rêvez. Continuez à vous laisser rêver. Il n'y aura pas de fin.
Hélène Cixous

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Bruges la morte... [29 - Dec - 08 @ 18:14]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Ces quais de Bruges, combien, dans ma pensive jeunesse, je les ai suivis, confessés, aimés, - avec des coins que j'étais seul à connaître, à consoler, avec des maisons dont les vitres mortes me regardaient !
Et, dans la prison des quais de pierre, l'eau stagnante des canaux où ne passent plus de navires, ni de barques, où rien ne se reflète que l'immobilité des pignons dont les arches décalquées ont l'air d'escaliers de crêpe qui conduisent jusqu'au fond. Et sur les eaux inanimées, des balcons en surplomb, des rampes de bois, des grilles de jardins incultes, des portes mystérieuses, toute une enfilade de choses confuses et déjetées qui sont accroupies au bord de l'eau, avec des airs de mendier, sous des haillons de feuillage et de lierre qui s'effilochent...
Georges Rodenbach

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Jeune est le temps [27 - Dec - 08 @ 18:23]
Sujet posté dans le thème: POE
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Les hirondelles fendent l’air
et les cieux ne se fissurent pas
le lac reflète les nuages
et l’eau ne se trouble pas
Fugitivement nous troublons
par notre passage le temps
et la sphère bientôt se reforme
limpide et ne change pas
Lala Romano
in " Jeune est le temps "

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Lenteur des choses [26 - Dec - 08 @ 18:12]
Sujet posté dans le thème: POE
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L’automne sait-il qu’il n’est pas le printemps
Dans la merveilleuse lenteur des choses avant la chute
Quand l’herbe est très verte et la lumière poudrée d’or
et les champs inondés piègent les oiseaux du ciel
Vivre entre les bords du temps comme dans une coupe
où la feuille sèche et courbée comme une voile
Est le fragile bateau d’une fleur de mai
Qui sait en quelle direction souffle le vent
Heather Dohollau
in " Les Portes d’en bas "

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Le chat [25 - Dec - 08 @ 18:02]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Demain, hier n’ont plus de sens face au chat immobile.
La corneille crie toujours, comme s’il ne l’entendait pas.
Seule frémit la pointe de ses oreilles.
Couché dans l’ombre, il est l’image du présent. Il vibre.
Il vibre entre deux éclats : on y est, on n’y est pas.
On y entre, on est perdu.
Jacques Ancet
in " Diptyque avec une ombre "

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Voix [23 - Dec - 08 @ 15:46]
Sujet posté dans le thème: GLERC
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...On a besoin d'un peu de vie de confusion de brouhaha
sinon dans le vide et le calme
dans la poussière des années
on pourrait entendre distinctement une voix très ancienne
dont on croyait avoir perdu le son
une voix égarée et pourtant restée là
prise dans l'absence et dans l'oubli
la voix de ce mort qu'on aima
parlant tout seul au bord du temps
au bord des larmes.
Claude Roy
in " Le noir de l'aube "

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Une Pierre [21 - Dec - 08 @ 23:08]
Sujet posté dans le thème: POE
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Il se souvient
De quand deux mains terrestres attiraient
Sa tête, la pressaient
sur des genoux de chaleur éternelle.
Étale le désir ces jours, parmi ses rêves,
Silencieux le peu de houle de sa vie,
Les doigts illuminés gardaient clos ses yeux.
Mais le soleil du soir, la barque des morts,
Touchait la vitre, et demandait rivage.
Yves Bonnefoy
in " Les Planches courbes "

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Paroi [20 - Dec - 08 @ 14:11]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Nulle brèche sur la paroi du jour. Nulle fenêtre d’osmose où commencer l’amour… Dehors est un ovale intact, impérissable œuf de plomb décomposé sur nos sols. Et il y a la surface intérieure, paysage rentré sous nos arches de sang. La mer et la montagne s’évaporaient lentement dans la brume. Devant pesait le vase sans périple du temps.
Si la jeunesse était le chemin sous la peau de cette veine qui revient, évasifs, d’un doigt parmi nos spirales sanguines, nous réinventerions le jour, et ses fêtes rétractiles sous l’arbre du dedans.
Gabrielle Althen
in " Noria "

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L'infini, en nous... [19 - Dec - 08 @ 18:54]
Sujet posté dans le thème: GAL
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L’infini, en nous, n’est-ce pas la langue, en ses combinatoires et ses virtualités, telle qu’à travers elle nous nous tenons face au fini et y décelons de l’infini : un en-deçà, un au-delà, un avers, une opacité et un inconnaissable. A la fois réponse infinie de la langue au réel infini et sollicitation par la langue même de cette infinité.
Jean-Michel Maulpoix
in " Le poète perplexe "

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Dôme [18 - Dec - 08 @ 23:33]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Un chemin mène à l’horizon merveilleusement teint de collines. Le pays rayonne sous l’ornière. Je vois des lampes bleues et noires, ce sont des pierres qu’un feu bouge, le soir, quand le pas creuse encore l’avenue. Et je sais la rumeur qui augmente le ciel, j’entends le chant patient de l’éveillé; et l’invisible entre deux pierres, le long d’un vent est un visage. Ce qui vient, vient brisé, et le pas tente un pas de rêve, brûlé comme le nôtre, ouvrant l’abîme nuitamment, dans la passion de l’éternel.
Béatrice Douvre
in " Le Temps franchi "

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Le cri [17 - Dec - 08 @ 15:47]
Sujet posté dans le thème: POE
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j’ai vu passer une à une
les heures de la nuit :
plus légères qu’un rêve,
elles allaient en lunes claires…
Le silence ne cachait pas
qu’il avait au ventre un cri
Evelyne Boix-Moles
in " Demain il sera trop tard "

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le passeur [17 - Dec - 08 @ 00:17]
Sujet posté dans le thème: POE
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...Vers le mot terre
peu de mots restent
creuser les mots
froid, soif, feu
sol
d’un silence
près des mains
Du passeur
reste l’écriture penchée du corps
qui affouille le silence
Jean Gabriel Cosculluela
in " Buée "

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Saisir [15 - Dec - 08 @ 19:21]
Sujet posté dans le thème: POE
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Recueillir le grain des heures
Étreindre l’étincelle
Ravir un paysage
Absorber l’hiver avec le rire
Dissoudre les noeuds du chagrin
S’imprégner d’un visage
Moissonner à voix basse
Flamber pour un mot tendre
Embrasser la ville et ses reflux
Écouter l’océan en toutes choses
Entendre les sierras du silence
Transcrire la mémoire des miséricordieux
Relire un poème qui avive
Saisir chaque maillon d’amitié
Andrée Chedid
in " Par delà les mots "

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L'été [14 - Dec - 08 @ 23:18]
Sujet posté dans le thème: POE
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Certaine sauterelle orangée visite à la venvole un grand aubifoin des montagnes.
- Tant de beauté (dôme d’azur, escarpements pour chèvres à sonnailles, sous-bois moussus, plateaux flattés de bise, épicéas fûtant droit au ciel), tant de bonheur est-il pour satisfaire une soif de possession, le goût impérieux du bien-être ? Pareille félicité, on soupirerait à la garder toute...
Henri Pichette
in " Dents de lait dents de loup "

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L'arbre mort [13 - Dec - 08 @ 23:58]
Sujet posté dans le thème: POE
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Dépouillé l'arbre
sera sans ombre
pur signe noir
dans la lumière
alphabet du silence précédé
de la mort flamboyante des feuilles...
Marie-Florence Ehret
in " Plus vite que la musique "

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Sur le papier tout dort... [13 - Dec - 08 @ 00:26]
Sujet posté dans le thème: POE
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...Neige de l'être
Qui fond
Où les couleurs affleurent
Errements de l'œil
Sur les pentes du visible
Bleu du ciel
Se posant dans un souffle
Sur le corps de la beauté...
Heather Dohollau
in " Pages aquarellées "
tableau de Cézanne
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Patience [11 - Dec - 08 @ 14:41]
Sujet posté dans le thème: POE
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Les yeux à peine clos dans la nuit
la plante boit la lumière
à nos yeux invisible
Sa pensée est sa patience
et patients le soleil l’air et l’eau
en leurs attouchements fulgurants
pour elle l’amour est temps non perçu
veine fondue dans le bloc d'ombre...
Claire Malroux
in " Ni si lointain "

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L'identité obscure [10 - Dec - 08 @ 19:24]
Sujet posté dans le thème: POE
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C’est comme un feu mais sans feu, sans futur ni passé,
le corps est si léger qu’il semble flotter sur les
heures arrêtées, dans l’étincellement du matin,
je l’appelle le présent, ce feu, il est partout,
il est insaisissable, la main se tend, ne touche
qu’un vide qui lui ressemble, une sorte d’ombre claire,
l’envers des choses qui s’effacent et qui jaillissent,
dessinent sur les yeux le leurre de leur présence,
je sais qu’elles ne sont pas et pourtant je prononce
leur nom, ce souffle d’air qui les fait durer un peu
le temps de croire que plus que moi elles demeurent
peuplant l’espace que je traverse et que je laisse,
table, dis-je, voilier, pins, genoux, eucalyptus........
Jacques Ancet

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Un citadin [7 - Dec - 08 @ 18:41]
Sujet posté dans le thème: POE
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Je regarde souvent la rue où je vais comme si
J'avais depuis longtemps quitté l'émouvante surface
Du monde pour l'autre côté sans fond qui nous efface
Un jour ou l'autre sans retour mais libres de souci.
Je m'applique assez bien à ce délicat exercice
Pour que très vite mon regard cesse d'appartenir
A l'amas nuageux d'espérance et de souvenir
Auquel j'aurai donné mon nom.
Jacques Réda
in " La course "

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Arbres d'hiver [6 - Dec - 08 @ 10:52]
Sujet posté dans le thème: POE
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Les lavis bleus de l’aube se diluent doucement.
Posé sur son buvard de brume
Chaque arbre est un dessin d’herbier –
Mémoire accroissant cercle à cercle
Une série d’alliances.
Sylvia Plath

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Au petit jour [5 - Dec - 08 @ 14:04]
Sujet posté dans le thème: POE
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La nuit n'est pas ce que l'on croit, revers du feu,
chute du jour et négation de la lumière,
mais subterfuge fait pour nous ouvrir les yeux
sur ce qui reste irrévélé tant qu'on l'éclaire .
Les zélés serviteurs du visible éloignés,
sous le feuillage des ténèbres est établie
la demeure de la violette, le dernier
refuge de celui qui vieillit sans patrie…
Philippe Jaccottet
in " l'Ignorant "

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Ardoise [4 - Dec - 08 @ 14:14]
Sujet posté dans le thème: POE
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Tu gardes en toi
le sceau des fougères et des prêles,
le calque des écorces, étant
paume ouverte du temps
mémoire des ruches de la vie
où bourdonne encore en nos doigts
l'enfance des reptiles
Jacques Lacarrière
in " Lapidaire "

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Dénuement [3 - Dec - 08 @ 14:55]
Sujet posté dans le thème: POE
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N’ayant plus de maison ni logis
Plus de chambre où me mettre,
Je me suis fabriqué une fenêtre
Sans rien autour.
Armen Lubin
in " Les hautes terrasses "

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La lumière d'une chandelle [2 - Dec - 08 @ 13:45]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Il semble que les miroirs, avec leur puissance d’illusion, plus que tout autre objet, nous donnent l’idée du temps, autant dire celle d’une profonde immobilité, d’un chemin que nous sentons clos quoiqu’il soit infini, sous nos yeux. Nous regardons la flamme, et nous ne pensons pas qu’elle n’est plus celle que nous avons regardée un instant auparavant.
Leonardo Sinisgalli
in " Horror vacui "
les mots en italiques sont de Léonard de Vinci

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L'air [1 - Dec - 08 @ 23:50]
Sujet posté dans le thème: POE
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L’air a sa vie à lui.
Et qu’à personne il n’est donné
de bien saisir.
Il vit de sa vie bleue
de vent. qui naît au ras des yeux
et court à l’infini.
Joseph Brodsky

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Dessous [30 - Nov - 08 @ 15:41]
Sujet posté dans le thème: POE
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s’il y a des visages dessous
plus guère personne pour voir
un mouvement d’ombres comme de feuilles
peu à peu une mousse
ou du lierre
dans la tête
on distingue mal
les noms lèvent seuls
les figures les dunes
les coins de rues les ciels
par vagues
et puis retombent
sans plus de bruit
dans l’œil
vie sans vie
qui reste
Antoine Emaz
in " Os "

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Trio [29 - Nov - 08 @ 12:17]
Sujet posté dans le thème: POE
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...Un nuage de griffes arrache la peau du ciel ;
un geyser de frelons écorche doucement le vent ;
un cyclone de pétales déshabille le temps qu’il fait.
Michel Butor
in " Troisième Dessous, matière de rêve 3 "

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Silence à vif [28 - Nov - 08 @ 14:16]
Sujet posté dans le thème: POE
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tu suis du doigt le scarabée
cueilles le rire arrêté sur l’églantine
peu de bruit peu de place
tu vis dans un espace las
où resplendit l’humble force de croire
entre distance et fécondité tu oscilles...
Mireille Fargier-Caruso
in " Paupières de Terre "
Femme à la balance, par Vermeer
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Comme au premier jour [27 - Nov - 08 @ 14:34]
Sujet posté dans le thème: POE
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si tu pouvais t’enrouler dans ce voile de pluie,
gouttes sur les paupières et au creux de la main,
peut-être pourrais-tu te reposer : la déchirure
c’est d’être là et de voir la pluie
qui ruisselle sur les carreaux, qui cingle
les arbres et leurs bourgeons, savoir
entrer dans une goutte de pluie est un secret
que bien peu connaissent sans doute :
c’est celui qui délie les membres
et rentre la création dans la mer
comme au premier jour, quand tout
n’était qu’en puissance dans l’écume.
Paul de Roux
in " Poèmes de l’aube "

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Neige [26 - Nov - 08 @ 14:15]
Sujet posté dans le thème: POE
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Neige dehors neige dedans
neige lente sur les frissons
neige noire à crever les yeux
pas un humain qui vous réponde
il doit leur neiger sur la voix
est-ce que tout le monde est mort
est-ce que je suis le dernier vivant
enfoui sous quelques flocons de rien...
Ludovic Janvier
in " La mer à boire "

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Invocation [25 - Nov - 08 @ 13:47]
Sujet posté dans le thème: POE
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Ô eau,
Le long des méandres étroits du torrent,
Là où tu frappes le plus fort,
Là où tu t'enroules le plus,
Entre les mousses suintantes,
Fais que chaque impureté
Qui nous entrave soit balayée.
Prière traditionnelle Sioux

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Caravane [24 - Nov - 08 @ 19:46]
Sujet posté dans le thème: POE
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La caravane passe
Entourée d'une cadence,
D'un silence,
D'un rythme sans écho.
....
Liant les pays et les races,
Laissant sous leurs pas
Des mesures égales.
A. Bedir-Khan

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Le vase NW [23 - Nov - 08 @ 17:13]
Sujet posté dans le thème: GLERC
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" La connaissance de ce vase précieux et de l'esprit fixe et faxifique implanté dans lui, était un des plus grands secrets de la cabale des Egyptiens ".
Dom Pernety
in " Fables égyptiennes et grecques "
Ce vase est tenu rituellement dans les mains du roi, et contient symboliquement l'eau du NOUN, l'Océan primordial. C'est encore le Chaos, il n'y a ni temps, ni espace, ni mouvement, ni lumière. Le roi est agenouillé au seuil du Temple. Il est le Soleil qui va se lever au-dessus des eaux noires les faire bouillonner, et va créer la vie.
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Isis la Magicienne [22 - Nov - 08 @ 18:48]
Sujet posté dans le thème: ESO
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" Que s'ils ont des ailes, les Esprits sont donc volatils ! "
Jacques Tols
in " Les chemins du ciel chymique " ( 1688 )
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Parole à naître [8 - Nov - 08 @ 13:59]
Sujet posté dans le thème: POE
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Toutes les eaux ne courent pas vers l'embouchure.
Tous les langages ne se livrent pas dans l'écriture.
Nous sommes des hiéroglyphes
tombés des étoiles dans leurs sursauts,
l'éveil d'une eau dormante
qui nous a rêvés comme un poème
sans définir les mots.
Maurice Couquiaud
in " L'éveil des eaux dormantes "
Hiéroglyphe signifiant "déployer"
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Simplement [7 - Nov - 08 @ 14:54]
Sujet posté dans le thème: POE
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elle dépose sa vie.
donne son ombre
à la poussière
doucement,
sans cris,
juste une inclinaison
sa bouche appuyée
sur sa mère.
elle était là,
parfois tremblante
parfois troublante
tournée vers la lumière
un pied dans la terre
rêvant de parfums
et de matin.
ce n'était qu'une fleur d'été,
déposée là,
par un semeur de vent.
Louve [Maïkam] Mathieu

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Brûlure [6 - Nov - 08 @ 12:45]
Sujet posté dans le thème: POE
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...
Au milieu de la nuit, la clairvoyance de l'amour guidait nos mains
"Layla ma nuit, ma perle de nuit", a murmuré mon amant
"comment se nomme cette brûlure à mon front dans la fraîcheur du soir ?"
et l'obscurité étendait sa main tiède sur nos baisers
"Layla, mon oiseau de ténèbres", a murmuré mon amant
"quel incendie me ronge l'âme sans jamais m'épuiser ?"
et la pénombre épaisse soufflait le parfum des jasmins sur nos peaux invisibles
"La brûlure est celle de midi", ai-je dit à mon amant
"L'incendie est la brûlure du jour"
"La nuit est son écrin resplendissant
"Je m'appelle Layla Zhouhr nuit et jour et tu le sais"
et nous étions à l'apogée du temps où jour et nuit n'ont qu'un seul visage.
Leïla Zhour
in " Femmes "
en arabe, "laylà" signifie "nuit" et "zhou'hr" signifie "midi"
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Se Taire... [5 - Nov - 08 @ 10:53]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Homme, si tu veux exprimer l’essence de l’Éternité, il te faut d’abord renoncer au langage.
Angelus Silesius
in " Le Voyageur Chérubinique "

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Le fond du jardin [27 - Oct - 08 @ 22:15]
Sujet posté dans le thème: GAL
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"Le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles."
Christian Bobin

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Soir [26 - Oct - 08 @ 12:59]
Sujet posté dans le thème: POE
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Femme sans chanteur,
Vêtements noirs, maisons grises,
L'amour sort le soir.
Paul Eluard
in " Pour vivre ici "

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Lecture [25 - Oct - 08 @ 12:07]
Sujet posté dans le thème: GAL
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"Lire un livre sous un arbre en double le plaisir. On ne sait plus si on tourne les pages ou si on feuillette l'arbre."
Jean Chalon
in " Journal d'Espagne "

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La Cérémonie [24 - Oct - 08 @ 15:35]
Sujet posté dans le thème: GAL
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« Il expliquait pourquoi l'eau devait « sourire », c'est à dire être frémissante. Ses bulles ressemblaient alors à des yeux de poisson, ou à des perles de cristal qui glissent dans une fontaine, ou à des vagues jaillissantes. Il parla du choix de la théière, en terre cuite, de préférence, afin que le dépôt tannique formé au cours des années exalte les saveurs des infusions. Il dit que la théière avait une mémoire et un être harmonique. Il dit aussi que le choix d'une bonne eau était primordial, que celle-ci devait jaillir de la montagne sur des rochers sans mousse ni végétation, qu'il était inutile de remuer le thé, et que les gouttes versées par inadvertance sur la nappe ne signifiaient nullement que le geste était malheureux, bien au contraire : « Ces gouttes sont la part de la terre, la part qui lui revient. »
Gérard de Cortanze
in " Assam "

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Il y a... [23 - Oct - 08 @ 22:55]
Sujet posté dans le thème: POE
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Il y a un sifflement de train dans une gare lointaine,
Des injures, des aboiements, des gloussements de poules,
Des voix de femmes, aussi ;
Il y a le parfum du paddy mûr, le chant des oiseaux
Et des enfants qui jouent quelque part, alentour,
Des passants qui rient et qui parlent,
Une chanson d'antan chantée
Dans la brume du crépuscule...
Tant d'années se sont engouffrées dans l'entonnoir du temps !
Je me couche, inerte comme un cadavre,
Ô vaste monde, comme je regrette tout ce qui vient de toi !
Nguyên Chi Thiên
in " Fleurs de l'enfer "

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Transparence [22 - Oct - 08 @ 15:39]
Sujet posté dans le thème: POE
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Transparence,
tu m'as accueilli là où finissent les couloirs,
dans la dernière pièce, quand
je ne croyais plus arriver. Et j'ai vu
ton visage, je l'ai pris de mes mains
tremblantes. Visage d'air,
confondu avec le visage humain
qui m'attendait, endormi
dans la veille amoureuse, dans cette pièce
étroite qui s'est ouverte comme
des eaux après le désert
pour nous deux....
Rafael José Diaz

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Parce que... [21 - Oct - 08 @ 21:32]
Sujet posté dans le thème: POE
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Parce que les jours ne sont pas que des jours.
Enfouir dans la montagne les temps érodés.
Attendre
des carrières.
Attendre une fois.
........................................................
Tant que se figent les larmes dans la pierre
parce que les jours ne sont pas que des jours.
Peter Härtling

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Les herseurs - sous la lune [20 - Oct - 08 @ 23:31]
Sujet posté dans le thème: POE
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Doux de lune, vont las les Taureaux pleins de songe,
Un seul, et deux : et, sur l'épaule l'aiguillon,
Très haut l'Homme en avant en la paix grande plonge,
Tandis que leur dos maigre et noir marqué s'allonge
Hors mesure près d'eux, et rampe noir et long...
René Ghil
in " Légendes d'âmes et de sangs "

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Ta voix [20 - Oct - 08 @ 00:15]
Sujet posté dans le thème: POE
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ta voix
c’est la lumière inventée
dans l’œil opaque
du poème
Armand Dupuy

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Fête-Diable [18 - Oct - 08 @ 15:05]
Sujet posté dans le thème: POE
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.....Et le dormeur s'éveille,
Voit la goutte briller de cent mille rubis dans le verre
Qui était vide lorsqu'il s'endormit.
La contemple.
L'univers oscille durant une seconde de silence
Et le sommeil reprend ses droits,
Et l'univers reprend son cours
Par les milliers de routes blanches tracées par le monde
À travers les campagnes ténébreuses.
Robert Desnos

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La route [17 - Oct - 08 @ 23:34]
Sujet posté dans le thème: POE
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De tous les voyageurs qui ont pris cette route,
Qui donc est revenu, a rebroussé chemin?
Prends garde de ne laisser peine d'amour en route,
car tu ne reviendras, jamais, ici, demain.
Omar Khayyâm

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La musique [16 - Oct - 08 @ 11:14]
Sujet posté dans le thème: POE
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La musique souvent me prend comme une mer;
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther
Je mets à la voile;
La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J'escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile.
Je sens vibrer en moi toutes les passions
D'un vaisseau qui souffre;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions
Sur l'immense gouffre
Me bercent -- D'autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !
Charles Baudelaire
in " Les Fleurs du Mal "

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L'amoureuse [15 - Oct - 08 @ 15:14]
Sujet posté dans le thème: POE
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Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.
Paul Eluard
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Talisman [13 - Oct - 08 @ 18:13]
Sujet posté dans le thème: POE
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A force de parler d'aurores australes et d'impossibles prodiges, on oublie d'emporter dans les neiges, dans les sables, de quoi protéger le voyageur de son voyage, le sorcier de son charme, le vivant de sa vie.
Sous son regard ligneux, extrait pour l'horizon, à grand travail d'acier, du dieu figé dans l'arbre, on apprend à tirer du sang d'un paysage, à pétrifier la brume et ses phantasmes, à laver de son maquillage la terre elle-même. A conjurer toutes les formes du sort, hormis une seule, qu'il n'est pas besoin de nommer.
Alors, renonçant à légender l'apparition de peur que sa légende ne la glace, il faut brûler jusqu'à son dernier refuge pour égarer l'ennemi.
Jean Guichard-Meili
in " La Vue Offerte "

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Le vrai [12 - Oct - 08 @ 23:41]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Et maintenant, allez au vrai qui est maîtrise de soi, d'abord, inscrit dans le chiffre de l'homme et de la femme: sept. Je vous renvoie à ce chiffre pour sept ans de réflexion et d'expérience matérielle au contact concret des choses et des êtres. C'est la seule condition qui vous ferme encore la route large et lumineuse de la sagesse d'où l'on domine son destin.
Je suis l'ombre éternelle de Ndebi. Je brasse tout l'univers, dans chaque matière, dans chaque être, en chacun de vous, dans chaque conscience humaine, pour le seconder dans son effort de libération de la chair et des sollicitations morbides qui assaillent l'âme profonde de la création dans son ascension vers la vérité, c'est à dire vers la liberté vraie que vous devez conserver par l'observation de rites millénaires stricts.
Je suis, en vous, cet autre moi-même. Courage, initiés ! La lumière est devant vous.
Boubou Hama
in " Le double d'hier rencontre demain "

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Brouillard [10 - Oct - 08 @ 15:05]
Sujet posté dans le thème: POE
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Les filles de la pluie sont douces si je hèle
A travers un brouillard infiniment glacé
Leur corps qui se refuse et la noire dentelle
Qui pend de leurs cheveux comme un oiseau blessé...
René Guy Cadou
in " Femmes d'Ouessant "

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Paysage [9 - Oct - 08 @ 23:43]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Des cheveux tombent
Aussi en arrière.
Ah, grand paysage!
Koi Nagata (1900 ~ 1997)

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Visible [8 - Oct - 08 @ 14:48]
Sujet posté dans le thème: GAL
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« L'art ne reproduit pas le visible ; il rend plutôt visible. »
Paul Klee
in " The Inward Vision "

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Perception [7 - Oct - 08 @ 13:49]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Pour ma part, quand je pénètre le plus intimement dans ce que j'appelle "moi", je bute toujours sur une perception particulière ou sur une autre, de chaud ou de froid, de lumière ou d'ombre, d'amour ou de haine, de douleur ou de plaisir. Je ne peux jamais me saisir, "moi", en aucun moment sans une perception et je ne peux rien observer que la perception.
David Hume
in " Traité de la nature humaine "

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Vieillesse [6 - Oct - 08 @ 14:05]
Sujet posté dans le thème: POE
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sous la peau-pierre
passoire-étanche
la vie creuse
son sillon de frissons
Armand Dupuy

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Veillée [5 - Oct - 08 @ 15:45]
Sujet posté dans le thème: POE
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Je crois que personne ne s’était endormi sauf
celui qui rassemble le passé dans ses contes
La magie passe de main en main
Quelqu’un sourit dans un de nos costumes
Quelqu’un s’évade d’un costume
Je crois que c’est ce qu’invisible veut dire.
Leonard Cohen

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Ombre [4 - Oct - 08 @ 17:35]
Sujet posté dans le thème: POE
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Quand on dépose une chose
Une ombre d'automne
Naît là.
Kyoshi Takahama (1874 ~ 1959)

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Les portes du merveilleux [3 - Oct - 08 @ 13:33]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Toutes les tours d'ivoire seront démolies, toutes les paroles seront sacrées et l'homme s'étant enfin accordé à la réalité qui est sienne n'aura plus qu'à fermer les yeux pour que s'ouvrent les portes du merveilleux.
Paul Eluard

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Le cygne [2 - Oct - 08 @ 14:48]
Sujet posté dans le thème: POE
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Près d'un château sans châtelaine
La barque aux barcarols chantants
Sur un lac blanc et sous l'haleine
Des vents qui tremblent au printemps
Voguait cygne mourant sirène.
Apollinaire

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L'Evidence poétique [1 - Oct - 08 @ 14:06]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Depuis plus de cent ans, les poètes sont descendus des sommets sur lesquels ils se croyaient; ils sont allés dans les rues, ils ont insulté leurs maîtres, ils n'ont plus de dieux, ils osent embrasser la beauté et l'amour sur la bouche, ils ont appris les chants de révolte de la foule malheureuse et sans se rebuter essaient de lui apprendre les leurs.
Paul Eluard
In " Donner à voir "

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Espérance, justice et poésie. [30 - Sep - 08 @ 22:52]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Dans le cachot elle se fait révolte; à la fenêtre de l'hôpital elle est ardente espérance de guérison; dans la mansarde déchirée et malpropre, elle se pare comme une fée de luxe et d'élégance; non seulement elle constate, mais elle répare, partout elle se fait négation de l'iniquité. Va donc à l'avenir en chantant, poète providentiel. Les chants sont le décalque des espérances et des convictions populaires.
Charles Baudelaire

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Noeud [29 - Sep - 08 @ 20:04]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Celui qui entre par hasard dans la demeure d'un poète
Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui
Que chaque nœud du bois renferme davantage
De cris d'oiseaux que tout le coeur de la forêt.
René-Guy Cadou
n " Hélène ou le règne végétal "

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Les images du poète... [28 - Sep - 08 @ 15:48]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Les images du poète sont faites d'un objet à oublier et d'un objet à se souvenir. Il projette avec ennui ses prophéties dans le passé. Tout ce qu'il crée disparaît avec l'homme qu'il était hier. Demain, il connaîtra du nouveau.
Paul Eluard
in " Donner à voir "

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JeToi [27 - Sep - 08 @ 14:52]
Sujet posté dans le thème: GAL
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On se plaint quelquefois des poètes qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas, quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ?
Ah, insensé qui crois que je ne suis pas toi !
Victor Hugo
in " Contemplations "

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Le bon poète [26 - Sep - 08 @ 21:28]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Un bon poète n'a pas pour fonction de ressentir l'état poétique, ceci est une affaire privée, il a pour fonction de le créer chez les autres.
Paul Valéry

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Hallali [25 - Sep - 08 @ 21:53]
Sujet posté dans le thème: POE
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Innocence des campagnes
Et des grands bois dépouillés
Les piqueurs déverrouillés
Brandouillent des cors de chasse...
Maurice Fombeure
in " Grenier des Saisons "

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Barque [21 - Sep - 08 @ 15:14]
Sujet posté dans le thème: POE
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Parfois le lit tournait comme une barque libre
Qui gagne lentement le plus haut de la mer.
Yves Bonnefoy

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Enjambante... [20 - Sep - 08 @ 17:00]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Je crierai, je crierai. Ta lèvre est le verre où
J'ai bu le long amour ainsi que du vin rouge.
Louis Aragon

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Encre [18 - Sep - 08 @ 12:33]
Sujet posté dans le thème: GAL
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...bientôt cette nappe humide et frissonnante sur la page sortie du bec exigu de la plume, l'imprimerie vient la saisir et la clicher, en constituer la matrice insigne d'exemplaires innombrables.
Paul Claudel

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Shui. [17 - Sep - 08 @ 14:18]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Le caractère qui veut dire l'eau en chinois est un gribouillis conventionnel représentant le mouvement d'un liquide.
Le pinceau du scribe ajoute un point sur le côté, cela veut dire la glace.
Il met le point en haut: cela veut dire toujours, l'éternité.
Ainsi ce qui était mouvement par excellence est solidifié dans une espèce de permanence abstraite, comme la cascade que la distance fait paraître immobile.
Paul Claudel
in " Réflexions sur la poésie "
shui, l'eau
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Silences [16 - Sep - 08 @ 00:08]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Toutes ces sonorités ne sont-elles pas faites pour faire vibrer le silence ?
Or il est bon de le percevoir de temps en temps ce silence, d'en recueillir les gouttelettes de condensation et de subir à notre tour sa vie.
Il est bon de se retremper dans son Mystère afin d'en réapparaître, l'instant d'après, tout ruisselant.
Jean-Louis Barrault
in " Mise en scène de Phèdre "

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Ombre [15 - Sep - 08 @ 17:17]
Sujet posté dans le thème: GAL
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" E...qui termine et prolonge tant de mots par une sorte d'ombre que semble jeter après elle une syllabe accentuée...."
Paul Valéry

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Lenteur [14 - Sep - 08 @ 16:36]
Sujet posté dans le thème: POE
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Nos rêves se sont mis au pas mou de nos vaches.
Aragon

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Rythme [13 - Sep - 08 @ 17:18]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Le rythme est l'image, gravée dans la parole, de l'homme tout entier, corps et âme, muscles et esprits.
Abbé Rousselot

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Hallucination [12 - Sep - 08 @ 14:16]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Quand je me pense, ma pensée se cherche dans l'éther d'un nouvel espace.
Je suis dans la boue comme d'autres sont à leur balcon.
Je participe à la gravitation planétaire dans les failles de mon esprit.
Antonin Artaud

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Surréalité d'Hugo [11 - Sep - 08 @ 13:22]
Sujet posté dans le thème: POE
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" Mon fil trop long frissonne et touche presque au glaive..."
Victor Hugo
in " Tombeau de Théophile Gautier "

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Inspiration [10 - Sep - 08 @ 16:54]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Je pense qu'aucun grand artiste ne travaille en état de fièvre.
Les mystiques même ne travaillent qu'au moment où l'ineffable colombe de l'Esprit Saint abandonne leur cellule pour se perdre dans les nuages. On revient de l'inspiration comme on revient d'un pays étranger. Le poème est le récit du voyage. L'inspiration donne l'image mais sans revêtement. Et pour la revêtir, il faut observer calmement et sans se passionner dangereusement la qualité, et la sonorité du mot.
Federico Garcia Lorca
in " L'Image poétique chez Don Luis de Gongora "

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Patience [9 - Sep - 08 @ 12:52]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Le temps ici n'est pas une mesure. Un an ne compte pas, dix ans ne sont rien. Être artiste, c'est ne pas compter, c'est croître comme l'arbre qui ne presse pas sa sève, qui résiste, confiant, aux grands vents du printemps, sans craindre que l'été puisse ne pas venir. L'été vient. Mais il ne vient que pour ceux qui savent attendre, aussi tranquilles et ouverts que s'ils avaient l'éternité devant eux.
Rainer Maria Rilke

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Répétition [8 - Sep - 08 @ 11:40]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Cette magnifique hécatombe, cette semaine rouge, la rue rouge, cette semaine pourprée, cette semaine sanglante, rouge comme une rose pourpre, ces trente mille morts, trente mille feuilles...
Charles Peguy

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Beauté et poésie [7 - Sep - 08 @ 16:31]
Sujet posté dans le thème: GAL
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C'est cet admirable, cet immortel instinct du Beau qui nous fait considérer la Terre et ses spectacles comme un aperçu , comme une correspondance du Ciel. La soif insatiable de tout ce qui est au-delà, et que révèle la vie, est la preuve la plus vivante de notre immortalité. C'est à la fois par la poésie et à travers la poésie, par et à travers la musique, que l'âme entrevoit les splendeurs situées derrière le tombeau; et quand un poème exquis amène les larmes au bord des yeux, ces larmes ne sont pas la preuve d'un excès de jouissance, elles sont bien plutôt le témoignage d'une mélancolie irritée, d'une postulation des nerfs, d'une nature exilée dans l'imparfait et qui voudrait s'emparer immédiatement, sur cette terre même, d'un paradis révélé. Ainsi le principe de la poésie est,
strictement et simplement, l'aspiration humaine vers une Beauté supérieure, et la manifestation de ce principe est dans un enthousiasme, un enlèvement de l'âme ; enthousiasme tout à fait indépendant de la passion, qui est l'ivresse du coeur, et de la vérité, qui est la pâture de la raison.
Charles Baudelaire

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Gouffre [6 - Sep - 08 @ 14:47]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Si l'impression que j'ai eue précédemment d'un filet d'eau pénétrant dans ma gorge et m'y rafraîchissant plus profondément que je m'y attendais a déclenché la vision, tous les éléments premiers ont maintenant mué. Profond a fait profondeur, a fait cañon, rafraîchissement a fait fraîcheur dans la montagne, eau avalée et descendant profondément est devenue eau qui tombe, eau en cascade, eau qui en creusant a creusé un cañon lequel a fait un précipice.
Henri Michaux
in " Connaissance des gouffres "

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Etre l'arbre... [5 - Sep - 08 @ 18:43]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Votre oeil se fixe sur un arbre harmonieux, courbé par le vent; dans quelques secondes, ce qui ne serait dans le cerveau d'un poète qu'une comparaison fort naturelle deviendra dans la nôtre une réalité. Vous prêtez d'abord à l'arbre vos passions, votre désir et votre mélancolie, ses gémissements et ses oscillations deviennent les nôtres, et bientôt vous êtes l'arbre...
Baudelaire

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Les trois marches [4 - Sep - 08 @ 15:39]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Cour intérieure
par Rodica Thot Poiata Artiste Peintre Roumaine
http://www.rtp.ro/pictura-ulei-peisaje.html
Une cour intérieure.
Un tableau parmi d'autres dont on pourrait se demander pourquoi il attira mon attention. Un choc visuel certain, mais provoqué par quoi ?
Un arc de voûte en forme de sourcil découvrant un lieu de vie paisible, fait plus de verticalités que d'horizontalités, ouvert tout à la fois comme devait l'être l'œil du peintre et sombre de fraîcheur, un lieu tout empli de silence où le temps semble s'être arrêté.
Peut-être est-ce cela, ou peut-être la douceur patinée du grès rose, l'odeur humide des pavés à laquelle succèderait si l'on faisait quelques pas la chaleur d'un rayon de soleil qui brûlerait la nuque.
Un mouvement de tête et le regard découvre en lignes de fuite qui se perdent au loin en une brume étrange un baroque inventaire fait de marches, d'étai, de pot de fleur, ainsi que d'un socle de pierre rehaussé d'un objet mystérieux ressemblant à un personnage qui tenterait de nous voir et d'un petit banc de bois.
Peut-être est-ce le fait que nul signe de vie ne soit apparent qui provoque cette étrangeté ? Et pourtant cette fenêtre ouverte témoigne d'une présence invisible. Ces couleurs nuancées aux teintes de pastel auxquelles répondent des masses indistinctes aux palettes plus franches de rouge bordeaux, de jaune or et de bleu noir appellent notre attention. Un jeu de contraste entre le flou et le concret, le visible et l'invisible.
Je voulais entrer dans ce tableau, attiré irrésistiblement par le mystère que je pressentais. J'y entrai par les trois marches du perron. Fermer les yeux, tâtonner dans le noir dans l'attente d'un rai de lumière. Il me fallut reprendre de mémoire tous les éléments qui m'avaient interpellé, les lignes et les formes, les sensations et les couleurs.
Bleu noir. Infime singularité. Reflet pur d'un ciel absent. Cette petite tâche devait être un indice. M'en approcher. Plus près encore. Assombrir pour éclairer. Contraster. Aller plus loin dans le spectre du visible pour palper l'invisible.
Peu à peu une forme se condensa et dans l'ombre de la fenêtre, au-delà du mur du chambranle, je vis son visage.
...
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Rêve [3 - Sep - 08 @ 14:44]
Sujet posté dans le thème: GAL
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L'esprit de l'homme qui rêve se satisfait pleinement de ce qui lui arrive. L'angoissante question de la possibilité ne se pose plus. Tue, vole plus vite, aime tant qu'il te plaira. et si tu meurs n'es-tu pas certain de te réveiller entre les morts ? Laisse-toi conduire, les événements ne souffrent pas que tu les diffères. Tu n'as pas de nom, la facilité de tout est inappréciable.
André Breton
in " Manifestes du surréalisme "

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Chamanes [2 - Sep - 08 @ 22:44]
Sujet posté dans le thème: POE
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Quatre ou cinq hommes dansent en rond.
Sur eux la lune va tomber.
Buson Yosa (1716 ~ 1783)

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Paysage [1 - Sep - 08 @ 18:18]
Sujet posté dans le thème: GAL
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« Tout paysage aimé est un état d'âme ! »
Bachelard

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Le trésor [7 - Jul - 08 @ 16:29]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Si nous voulons, rien ne nous serait impossible, puisque le plus pauvre, le plus dénué d'entre nous a le pouvoir de nous remettre, de ses mains appliquées et de ses yeux confiants, un trésor inestimable, ses rêves et sa réalité tout nus que la plate raison et la haine de l'homme gagnant parviennent à déflorer mais jamais à détruire.
Paul Eluard
in " Les Sentiers et les Routes de la poésie "
Un changement d'opérateur Internet, un retour à la Nature jusque fin août, seront responsables de certaines absences...
Rêvez, songez, là aussi est votre réalité.
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L'homme-arbre [30 - Jun - 08 @ 14:56]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Assis sur un meuble informe, je n'ai pas bougé mes membres depuis quatre siècles. Mes pieds ont pris racine dans le sol et composent jusqu'à mon ventre une sorte de végétation vivace remplie d'ignobles parasites, qui ne dérive pas encore de la plante, et qui n'est plus de la chair.
Lautréamont
in " Les Chants de Maldoror " IVème Chant

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Incorporation [29 - Jun - 08 @ 14:02]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Je reconnais, incorporés en moi gneiss, charbon, mousses aux longs filaments, fruits, graviers, racines comestibles. Je suis stuqué des pieds à la tête de quadrupèdes et d'oiseaux.
Walt Whitman
in " Feuilles d'Herbes "

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Imagination [28 - Jun - 08 @ 13:59]
Sujet posté dans le thème: GAL
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L'acte d'imagination est un acte magique. C'est une incantation destinée à faire apparaître l'objet auquel on pense, la chose qu'on désire, de façon qu'on puisse en prendre possession. Il y a dans cet art, toujours quelque chose d'ingénieux et d'enfantin, un refus de tenir compte de la distance, des difficultés.
Ainsi le tout jeune enfant , de son lit, agit sur le monde, par ordres et prières. A ces ordres de la conscience, les objets obéissent. Ils apparaissent.
Jean-Paul Sartre
in " L'Imaginaire "

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Le ciel des poètes [27 - Jun - 08 @ 11:35]
Sujet posté dans le thème: POE
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Montons, poètes
A la hauteur des aigles,
Chantons dans les grisailles du monde.
J'y verse, moi, mon soleil à moi,
Toi le tien,
En vers...
Maiakowski
in " Vers et proses "

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Sang et poésie [26 - Jun - 08 @ 12:31]
Sujet posté dans le thème: POE
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Faisons d'abord le poème avec sang
Nous mangerons le temps du sang
Et en avant le po-ème en chant et sans sang
Ce qui était fait avec du sang, nous nous en avons fait un poème...
Antonin Artaud
Le sang qu'a versé Matoub n'a pas coulé pour rien
Le jour de l'assassinat de Lounes Matoub, Muhand Saidi a peint ce tableau avec son propre sang.
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De la cendre au Phénix [25 - Jun - 08 @ 19:49]
Sujet posté dans le thème: POE
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La flamme est la nuée du coeur
Et toutes les branches du sang
Elle chante notre air
Elle dissipe la buée de notre hiver
Nocturne et en horreur a flambé le chagrin
Les cendres ont fleuri en joie et en beauté
Nous tournons toujours le dos au couchant
Tout à la couleur de l'aurore.
Paul Eluard
in " Le Phénix "

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Respoésie [24 - Jun - 08 @ 18:53]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Je me fais tirer par les objets, hors du vieil humanisme, hors de l'homme actuel et en avant de lui...
Francis Ponge
in " Le Grand Recueil "

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La rêverie du monde [23 - Jun - 08 @ 13:07]
Sujet posté dans le thème: GLERC
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...Je laisse les choses introduire peu à peu dans mon âme leur lumière particulière, depuis le galet jusqu'au soleil et aux étoiles, et les laisse monter peu à peu comme l'huile du niveau de mes nerfs vers la veilleuse de ma pensée.
Sikellianos

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Sensation et réalité [21 - Jun - 08 @ 19:36]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Je fus tenté par un mystère où les formes ne jouent aucun rôle. Curieux d'un ciel décoloré d'où les oiseaux et les nuages sont bannis. Je devins esclave de la faculté pure de voir, esclave de mes yeux irréels et vierges, ignorants du monde et d'eux-mêmes. Puissance tranquille, je supprimai le visible et l'invisible, je me perdis dans un miroir sans tain. Indestructible, je n'étais pas aveugle.
Paul Eluard
in " Donner à voir "

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L'olive [20 - Jun - 08 @ 15:45]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Le Poète recommande: " Penchez-vous, penchez-vous davantage."
Il ne sort pas toujours indemne de sa page, mais comme le pauvre, il sait tirer parti de l'éternité d'une olive.
René Char

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L'oeuvre pure [19 - Jun - 08 @ 23:13]
Sujet posté dans le thème: GAL
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L'oeuvre pure implique la diminution élocutoire du poète qui cède l'initiative aux mots par le heurt de leur inégalité mobilisée; ils s'allument de reflets réciproques comme une virtuelle traînée de feux sur des pierreries, remplaçant la respiration perceptible en l'ancien souffle ou la direction personnelle enthousiaste de la phrase.
Stéphane Mallarmé

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Poésie [18 - Jun - 08 @ 11:11]
Sujet posté dans le thème: GAL
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...Cette langue sera de l'âme pour l'âme, remuant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant.
Arthur Rimbaud
in " Lettre à Izambard "

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Invraisemblances et hyperboles [17 - Jun - 08 @ 00:05]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Marchands d'histoires - marchands de vent, enjoliveurs ou débineurs, hâbleurs, craqueurs, gausseurs, archi-menteurs, langue ferrée à glace et visage impassible - causeurs et bavardins, faiseurs de châteaux en Espagne, amuseurs à la moutarde et décrasseurs de rêves - grands vernisseurs de faits, enjoliveurs de roses et écraseurs de crottes, tous les arrache-dents et les barons de Crac, les charlatans, les attrapeurs, fanfaronnards, goureurs, farceurs, colleurs, forgeurs, enjôleurs, les chevaucheurs de monts et merveilles - les conteurs à dormir debout, sous de faux-planchers, sous de fausses couleurs, poètes passant par le nième degré de fièvre pour en revenir à zéro, petits poètes généreux donnant à boire aux grands poètes dénués. Et ce qu'ils veulent nous faire prendre pour argent comptant provoque effrontément la vérité qui a si souvent tant de mal à sortir de son puits.
Paul Eluard
in " Les Sentiers et les Routes de la Poésie "

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Ode du désespéré [16 - Jun - 08 @ 13:34]
Sujet posté dans le thème: POE
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La mort est aujourd'hui devant moi
Comme pour l'invalide la santé
Comme quitter sa chambre après la maladie
La mort est aujourd'hui devant moi
Comme l'odeur de la myrrhe
Comme s'asseoir sur la toile un jour de vent
La mort est aujourd'hui devant moi
Comme l'odeur du lotus
Comme s'asseoir à la rive de l'ivresse
La mort est aujourd'hui devant moi
Comme la fin de la pluie
Comme le retour d'un homme à la maison
Après une campagne outre-mer
La mort est aujourd'hui devant moi
Comme lorsque le ciel se découvre
Comme le désir d'un homme de revoir sa maison
Après des années sans nombre de captivité...
Poème égyptien, l'un des plus anciens que l'on connaisse.
XXème siècle avant J.C.

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Prière et poésie [15 - Jun - 08 @ 12:05]
Sujet posté dans le thème: GAL
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L'homme qui prie est avant tout un homme qui s'exprime, qui s'adresse à la divinité, qui est relié par le verbe aux puissances cosmiques. Ainsi l'attitude de l'homme en prière est-elle nécessairement une attitude prise à l'égard du langage. Ce langage dès lors a deux fonctions: celle de la requête et celle de l'adoration. Le désir humain et la célébration de l'Être jouent donc un rôle constant dans la prière. C'est alors qu'une certaine coïncidence de nature et de fonction se fait jour entre la prière et la poésie. Le poète (sans préjuger de ses propres convictions religieuses) comme l'homme en prière est un homme qui se livre, s'abandonne au langage, qui lui confie sa part de rêves et de désirs en même temps qu'il provoque l'assomption verbale du Réel.
Pierre Seghers
in " Avant-propos du Livre d'or de la Prière, par Alfonso M. Di Nola

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Atome [14 - Jun - 08 @ 09:25]
Sujet posté dans le thème: POE
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Il n'est point, non plus, divisible puisqu'il est tout, entier, homogène,
Car il n'y a point, ici un plus qui romprait sa continuité,
Ni là, un moins : mais tout est plein d'être.
Ainsi tout est continu : être se presse contre être...
Parménide
Traduction d'Auguste Dies

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Flatterie au poison Kazama [13 - Jun - 08 @ 13:05]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Le poison fait tourner la tête.
L’entrave empêche de partir.
Si on a lancé la flèche,
et si la flèche frappe juste,
c’est comme la mouche du cheval:
la mouche qui a piqué un cheval,
piquera un autre cheval.
La flèche est pareille à la femme enceinte:
elle aime la viande.
Même si la flèche ne perce pas le flanc, on meurt.
Si elle perce un peu, on meurt. Si elle entre bien, on meurt. Si elle touche à peine en retombant, on meurt. Si ce n’est pas mon sang, n’importe quel sang tue-le, je te le donne! C’est le feu que j’allume, c’est le feu que je prends. L’ombre est brûlante. le soleil est brûlant. Poison, plus fort que le fusil, plus fort que le tonnerre, plus fort que le feu, n’importe qui, tue-le! Je te le donne si ce n’est pas mon sang.
Chant Haoussa du Niger

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Mythe et Parole [12 - Jun - 08 @ 23:45]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Le mythe raconte une histoire sacrée; il relate un évènement qui a lieu dans le temps primordial, le temps fabuleux des "commencements". Autrement dit, le mythe raconte comment, grâce aux exploits des Êtres surnaturels, une réalité est venue à l'existence, que ce soit la réalité totale, le Cosmos, ou seulement un fragment: une île, une espèce végétale, un comportement humain, une institution...Dans la plupart des cas, il ne suffit pas de connaître le mythe de l'origine, il faut le réciter.
Mircea Eliade
in " Aspects du Mythe "
Mabboul, le Déluge
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Taaroa [11 - Jun - 08 @ 23:00]
Sujet posté dans le thème: POE
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Taaroa est la clarté,
Taaroa est le centre,
Taaroa est le germe
Taaroa est la base
Taaroa est l'incorruptible
Taaroa est le fort
Qui créa l'univers,
L'univers est grand et sacré
Qui n'est que la coquille de Taaroa
C'est lui qui l'anime, qui en fait l'harmonie...
Récit de la création du monde par le dieu Taaroa (Tahiti), la Parole

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Pourquoi nous émouvoir... [10 - Jun - 08 @ 14:09]
Sujet posté dans le thème: POE
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Pourquoi nous émouvoir d'un paysage d'oiseaux
D'une alouette sonnant les matines du soir
Simplement d'une abeille cognant sur la vitre
Si déjà la rumeur ne réveille l'écho
D'une autre nostalgie plus vaste que l'oubli
Et nous qui sommes fous d'irréel de mystère
Pourquoi nous éblouir seulement d'une pomme
Toute ronde vêtue de clarté coutumière
Comme si par le charme ultime d'un regard
L'intemporel devait s'enraciner ici
A l'ombre d'un seul jour au ciel d'un seul pays.
Christian Bachelin

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Anéantissement [8 - Jun - 08 @ 18:02]
Sujet posté dans le thème: ESO
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"La vision de la Vérité est désunion.
L'union consiste à s'anéantir de soi-même et de la Présence Divine."
Cheikh Al Alawi

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Le grand cheval [7 - Jun - 08 @ 18:37]
Sujet posté dans le thème: POE
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...Un dieu me fuit que j'avais inventé
un grand cheval me fixe dans un rêve
un ciel de honte incendie la beauté...
Guy Chambelland
in " Limonaire de la belle amour "

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L'oiseau [6 - Jun - 08 @ 23:15]
Sujet posté dans le thème: GLERC
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L'oiseau au ventre orange
qui chantait dans l'après-midi
mourra
-- de je ne sais quelle mort d'oiseau --
créant un nouveau silence palpable
dissemblable
mais proche de celui des pins et
si élémentaire encore
qu'on le dessinerait aisément sur le sable
si l'écume quotidienne
n'emportait pas toute chose vers la mort.
Franck Venaille

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J'ai mal... [5 - Jun - 08 @ 23:32]
Sujet posté dans le thème: POE
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J'ai mal de t'avoir quitté, mal de vivre, pays de mûriers, de vignes, de ruisseaux secrets, semblances de Dieu, ma vallée heureuse. Morte j'irai à ta recherche, dans un sac de pauvre, un peu de terre et d'eau, le pain de tes promesses. Et l'on dira: cette femme au loin, il n'y a d'ombre nulle part pour elle.
Laurice Schehadé
in " Le Batelier du vent "

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Cataclysme [4 - Jun - 08 @ 12:39]
Sujet posté dans le thème: POE
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Une erreur de soleil est sur la ville
Tout le ciel a fixé l'éblouissement
Dans un film arrêté j'avance et sur la pierre mes pieds brûlent
De chaque mur l'or mat rayonne la ville a couleur de désert...
...
Une erreur immobile est sur la terre
Stupéfaction sans paupière, debout !
S'est repliée la douce nuit les herbages du songe
Et sur un geste, un pas,
Le feu immense s'est ouvert, le vide insoutenable !
Claire Laffay
in " Dédales "

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Capucine [1 - Jun - 08 @ 17:50]
Sujet posté dans le thème: POE
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La capucine du silence
ouvre le feu
mais dans la main en friche
une grenouille saute
c'est un savon
sur la poitrine folle
Odile Caradec
in " A vélo, Immortels ! "

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Tentation [31 - May - 08 @ 19:29]
Sujet posté dans le thème: POE
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en dépit des oiseaux
je me surprends
à remuer des arbres dans la nuit
je déplace des forêts
j'échange des feuillages
il me pousse soudain
des branches bleues
et des fleurs hors de la tête
je m'éveille une pomme aux lèvres
l'aube a tenté sa chance
je parle et dieu sourit
Anne Berger
in " La loi blanche "

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Voici les mots [30 - May - 08 @ 00:00]
Sujet posté dans le thème: POE
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Voici les mots
L'âme et le sang
Rien n'arrache le nom
Ce rouge essentiel
Où brûle
par syllabes
la vie
Qu'il soit lu
Janine Mitaud
in " Danger "

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Présent [29 - May - 08 @ 13:49]
Sujet posté dans le thème: POE
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Ecoute
J'atteins de nouveau l'instant nul où l'avant et l'après s'anéantissent,
Foudroyés
Des grains de mimosas m'éclaboussent dans l'ombre
Je n'ai rien à t'apprendre
Je ne dure pas
Je ne perpétue que le défi de chaque seconde
Ne dis rien
Le présent est ce plaisir absolu de n'avoir pas de lendemain
Précédé de rien
Suivi de rien
Total
Colette Gibelin
in " Le Paroxysme seul "

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Elle [28 - May - 08 @ 14:37]
Sujet posté dans le thème: POE
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Tu as les yeux ouverts. Lignes crispées de l'iris effilé, brillant reflet sur le noir de pupille, et les débris de rêve en lisière de larme.
Acérée, rayon d'eau crépitante au roc brisé des rives, danse heurtée dans l'obscur de tes nerfs.
Brûlée, au creux de la cellule, au profond alvéole du fer que ronge la lumière, épars de chaleur brune.
L'ombre malaise du geste sur ta peau, surface de lueur au recels de brumage. Ecume
François Lajuzan
in " Bruissement éployé de pétale " - 1982

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Le baiser [27 - May - 08 @ 18:01]
Sujet posté dans le thème: POE
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Le baiser ne prendra plus la nuit ses allées cavalières: il s'en retournera sans bruit au silence des lèvres - le mourir, la ténèbre saisis contre l'absence.
Vera Feyder
in " Passionnaire "

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Nuit rouge [26 - May - 08 @ 23:44]
Sujet posté dans le thème: POE
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Un jour de cratère en corolle
la mort s'ouvrira la fleur préférée du soleil
tu croiras vivre une vie plus vive
quand tes mains paumes renversées prendront les fruits de l'air
tout sera heureux sur ton visage
la musique s'envolera le sable mouvant la lumière
comme jamais
et les dernières paroles
le dernier mot de tendresse
enveloppant d'un frémissement qui ne cessera plus celui
qui lentement se pétrifie
s'éloigne à reculons vers la falaise immobile
ce sera tout ensemble la mer et le plus haut sommet
la poésie prendra l'horizon
d'un seul coup de filet
comme les carrelets balancés sur les rivières du Vietnam
terre pacifiée
mais la nuit est rouge et tu ne peux pas mourir
Françoise Han
in " L'Espace ouvert "

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Attente [25 - May - 08 @ 11:55]
Sujet posté dans le thème: POE
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On enferme les fous dans un jardin de planches
On pique les chiens ivres
Asile de vieillards il reste pour mourir
Une chaise une tasse de tilleul sur la table
Et ce juste recul qui donne au temps vécu
Sa profondeur étrange aux odeurs leur saveur
Inexplicable et chaude
Une anguille se glisse dans les herbes du couchant
L'été fulgure entre les pierres
L'horizon se couvre de colombes occultes.
Christian Bachelin

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L'avertisseur [24 - May - 08 @ 17:10]
Sujet posté dans le thème: POE
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Tout homme digne de ce nom
A dans le coeur un Serpent jaune,
Installé comme sur un trône,
Qui, s'il dit : "Je veux ! " répond : " Non ! "
Plonge tes yeux dans les yeux fixes
Des Satyresses ou des Nixes,
La Dent dit : " Pense à ton devoir ! ",
Fais des enfants, plante des arbres,
Polis des vers, sculpte des marbres,
La dent dit : " Vivras-tu ce soir ? ",
Quoi qu'il ébauche ou qu'il espère,
L'homme ne vit pas un moment
Sans subir l'avertissement
De l'insupportable Vipère.
Charles Baudelaire
in " Les Fleurs du Mal "

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Marine [23 - May - 08 @ 12:27]
Sujet posté dans le thème: POE
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Les chars d'argent et de cuivre -
Les proues d'acier et d'argent -
Battent l'écume, -
Soulèvent les souches des ronces.
Les courants de la lande,
Et les ornières immenses du reflux,
Filent circulairement vers l'est,
Vers les piliers de la forêt,-
Vers les fûts de la jetée,
Dont l'angle est heurté par des tourbillons de lumière.
Arthur Rimbaud

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Ombre et abîme [22 - May - 08 @ 13:54]
Sujet posté dans le thème: POE
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L'ombre et l'abîme ont un mystère
Que nul mortel ne pénétra;
C'est Dieu qui leur dit de se taire,
Jusqu'au jour où tout parlera.
Victor Hugo

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Langueur [21 - May - 08 @ 13:58]
Sujet posté dans le thème: POE
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Atroces fleurs qu'on appellerait cœurs et sœurs, damas damnant de langueur...
Arthur Rimbaud
in "Métroplolitain "

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Apparition [20 - May - 08 @ 11:32]
Sujet posté dans le thème: POE
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La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l'archet au doigt, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
Mallarmé
Tableau de Dante Gabriel Rossetti
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Tristesse aux flots de pierre. [19 - May - 08 @ 11:44]
Sujet posté dans le thème: POE
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Tristesse aux flots de pierre.
Des lames poignardent des lames
Des vitres cassent des vitres
Des lampes éteignent des lampes
Tant de liens brisés.
La flèche et la blessure
L'oeil et la lumière
L'ascension et la tête.
Invisible dans le silence.
Paul Eluard
in " Seconde Nature "

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Spectre de poisson soluble [18 - May - 08 @ 17:41]
Sujet posté dans le thème: GAL
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" Le poème redevient soluble dans la poésie, son orient fragile et changeant nous parle sans cesse d'une eau-mère, d'un plasma poétique dont la pulsation l'irrigue et auquel continue de l'unir une vivante consanguinité. Le diamant mallarméen cède la place à la perle des mers. "
Julien Gracq
in " Préférences " - A propos du "Poisson soluble" d'André Breton

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Gazelles [17 - May - 08 @ 14:14]
Sujet posté dans le thème: POE
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Les gazelles ont caressé leur mémoire
Il en sort tout un équipage
avec de grandes dames sans yeux
un beau visage découvert
une voiture dont les oreilles écoutent écoutent et meurent d'ennui
L'ennui cultivé en des serres inestimables
se développe en capitaine de forbans
J'en suis.
Benjamin Péret
Portrait d'André Breton in " Le Grand Jeu " - 1928

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Epitaphe [16 - May - 08 @ 13:28]
Sujet posté dans le thème: POE
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Vous tous qui haïssez que la déesse change
Que sur la terre Dieu groupe autrement ses anges
Vieux coqs inattentifs au silence de l'œuf,
Sachez que pour Cocteau rien n'était assez neuf.
Il aimait le soleil parce qu'il sera terre,
Sa muse fut une onde, une électricité;
Des poètes pareils n'ont pas droit de cité,
Pourtant Dieu les oblige à ne jamais se taire,
Et semble avoir besoin de leur complicité.
Jean Cocteau
in " Faire-part "

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Le bel oiseau... [15 - May - 08 @ 15:17]
Sujet posté dans le thème: GAL
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" Les bancs des boulevards extérieurs s'infléchissent avec le temps sous l'étreinte des lianes qui s'étoilent tout bas de beaux yeux et de lèvres. Alors qu'ils nous paraissent libres continuent autour d'eux à voleter et fondre les unes sur les autres ces fleurs ardentes. Elles sont pour nous traduire en termes concrets l'adage des mythographes qui veut que l'attraction universelle soit une qualité de l'espace et l'attraction charnelle la fille de cette qualité mais oublie par trop de spécifier que c'est ici à la fille, pour le bal, de parer la mère. Il suffit d'un souffle pour libérer ces myriades d'aigrettes porteuses d'akènes. Entre leur essor et leur retombée selon la courbe sans fin du désir s'inscrivent en harmonie tous les signes qu'englobe la partition céleste."
André Breton
Illustration de la Constellation N° 20 de Juan Miro
Constellation N° 20: Le bel oiseau déchiffrant l'inconnu au couple d'amoureux
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Prière masaï... [14 - May - 08 @ 16:07]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Nuages des montagnes couvertes de neige, arrachez
Les flétrissures du peuple.
Lui qui attend que les cieux soient rouges, arrache
Les flétrissures du peuple.
Prière des femmes Masaï pendant l'absence des guerriers
A leur retour du combat, lorsqu'ils ont remporté la victoire, les guerriers entonnent des chants rituels après avoir peint le côté droit de leur corps en rouge et le côté gauche en blanc.

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La création du monde [13 - May - 08 @ 14:12]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Mebeghe N'Kwa Sokome M'Bongue seul homme en quatre esprits.
Mebeghe, esprit de l'eau, la gauche, la femme; c'est lui qui détient la pluie, le froid, la nuit et la mort.
N'Kwa, esprit du feu, la droite, l'homme; c'est lui qui détient le soleil, la chaleur, le jour et la souffrance.
Sokome, esprit de la sagesse, le centre, la vérité; c'est lui qui détient la pensée, la parole, l'adresse et l'amour.
M'Bongwe, esprit du vent, la vie; c'est lui qui détient les nuages et la voile, la lumière et la vie éternelle.
Préambule du rite bwiti-fang du Gabon
Statue Fang Byeri d'Homme à quatre têtes
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Les quatre sens de l'écriture [12 - May - 08 @ 15:20]
Sujet posté dans le thème: ESO
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La lettre enseigne les faits,
L'allégorie ce qu'il faut croire,
La morale ce qu'il faut faire,
L'anagogie ce vers quoi il faut tendre.
Nicolas de Lyre ----- XVème siècle
Vézelay. - . Les quatre fleuves du Paradis.
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Apathéia [11 - May - 08 @ 14:49]
Sujet posté dans le thème: ESO
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" L' apathéia, c'est le but. Alors l'homme est comme Dieu. Il n'y a plus en lui de mauvaises pensées, il n'est plus l'esclave d'aucune passion, il est devenu amour, sans émotions, sans désir : il est."
Cet être silencieux est vaste comme un ciel sans nuage et sans vent :
" Un nuage ne peut se former sans un souffle de vent; de même une passion ne peut naître sans un mouvement de pensée."
Michel Jourdan / Jacques Vigne
in " Marcher, méditer "
Citations de Jean-Yves Leloup et de Marc l'Ascète

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Les mains sur les yeux [10 - May - 08 @ 18:18]
Sujet posté dans le thème: POE
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Plus c'était un baiser
Moins les mains sur les yeux
Les halos de lumière
Aux lèvres de l'horizon
Et des tourbillons de sang
Qui se livraient au silence.
Paul Eluard
in " Premièrement " (L'amour la poésie)

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Souvenir [9 - May - 08 @ 16:46]
Sujet posté dans le thème: POE
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Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Tout souvenir en moi luit comme un ostensoir !
Charles Baudelaire
in " Harmonie du soir "

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Cherchant [6 - May - 08 @ 17:50]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Ne retournent à l'Eternité que ceux qui l'ont cherchée sur terre.
Khalil Gibran

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Dieu, les étoiles et l'homme [5 - May - 08 @ 14:38]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Au temps où Dieu créa toutes choses
Il créa le soleil.
Et le soleil naît, meurt et revient.
Il créa la lune.
Et la lune naît, meurt et revient.
Il créa les étoiles.
Et les étoiles naissent, meurent et reviennent.
Il créa l'homme.
Et l'homme naît, meurt et ne revient plus.
Chant dinka

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Initiation [5 - May - 08 @ 00:06]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Tu n'es pas le fils de la nuit,
De la nuit profonde et perfide,
Noire comme la suie de ta case enfumée,
Tu n'es pas le fils de la nuit.
Tu es le fils du jour éclatant et clair.
Le fils de la terre rouge et généreuse,
La terre où germent les fruits savoureux...
Tu es le fils du jour éclatant et clair.
Non, tu n'es pas le fils de la nuit.
Chant d'initiation chez les Pygmées du Gabon

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Devata [3 - May - 08 @ 12:31]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Vous pouvez vous fermer, mes yeux, car cet être charmant ne sortira plus un instant de ma pensée...
Stèle de Phnom Sandak
CAMBODGE

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Pique ! [2 - May - 08 @ 11:59]
Sujet posté dans le thème: GAL
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” Le poing tue le hérisson, mais la main n’ose pas.”
Proverbe Peul

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Les deux éternités [1 - May - 08 @ 12:37]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Celui qui observe ce qui est entre la première éternité et la deuxième éternité apporte la preuve de l'Unicité. Celui qui ferme les yeux sur l'éternité d'avant et l'éternité d'après a vu ce qui est entre elles et suscite l'adoration. Celui qui ne s'intéresse ni à ce qui est entre les deux éternités ni à leurs deux versants, celui-là s'agrippe à la poignée de la Vérité.
Hussein ibn Mansour Al Hallâj
in " Le Livre de la Parole "

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La Voix [30 - Apr - 08 @ 14:34]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Ce n'était pas seulement de pierre que la grande voix était pétrie mais à quantité noble et égale d'eau et de vent, de bois rouge et de ces légers fils de lin pâle que l'on nomme aussi paille de lune et qui incisent le coeur des cavaliers fous qui se hasardent là-haut, près, trop près de la demeure de nos pères.
En son établissement elle était la grande voix, comme un ballant d'ocre sur la frange d'une aube neuve qui ne pourrait totalement, encore, se séparer de la nuit.
D'où son halètement, ce certain cognement que l'on dit être de coeur et qui ne pouvait bien être que de cailloux roulant et s'empêtrant de vent et d'eau.
D'où aussi ce suintement de mesure dans l'aigre du silence comme de plume à l'aile du condor raclant un tiers d'espace et les autres de temps...
Jean Thiercelin
in " Lettre à un ami indien "

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La rose et la cétoine.. [29 - Apr - 08 @ 00:06]
Sujet posté dans le thème: GAL
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J'ai dit cétoine parce que la cétoine est cet insecte d'or vert qui gît au coeur de la rose, parce que j'ai porté un jour l'orvet au poing, la main refermée sur tous les vents alizés, rose des vents et mort d'or, l'escarboucle aux rayons verts sur fond mordoré de l'orvet, de l'or vert de l'amour d'or.
J'ai dit cétoine parce que si l'on pose comme prémisse que ce mot sert à désigner à la fois ta présence et ton absence rutilantes, l'insecte luxueux est le coeur même de la fleur qu'il dévore, le sexe même de la rose au centre de laquelle il gît. Ainsi la cétoine est la pierre de l'anneau de Gygès, gage de notre parfaite invisibilité dans l'amour.
Au coeur de la rose pourpre, notre mort d'or vert...repose, foudroyée.
Claude Tarnaud

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Absente [28 - Apr - 08 @ 14:23]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Vous pouvez toujours tenter de me nommer mais, autant être franche, vous ne pourrez jamais me nommer, car je suis absente au sommet de l'absence. Toi qui me connais le mieux, tu ne sais rien de moi; non pas que je dissimule, mais tout me dissimule. Je suis de la vulgarité pénétrante des fleuves qui ne connaissent pas les fétus qu'on leur jette, qui ne savent pas la saveur mâle des galets qu'ils roulent en eux. Ils sont sourds et aveugles, sans bras et sans jambes; ils sont muets, même.
Danielle Sarréra
in " L'Ostiaque "

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La maison des oiseaux [27 - Apr - 08 @ 17:24]
Sujet posté dans le thème: POE
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Le mot oiseau n'a rien de décourageant et cependant il y a des oiseaux qui ne volent pas.
..........................
Comme un oiseau de verre j'ai rencontré une femme très nue.
..........................
Plumage est plus loin qu'on ne croit fleur de peau est très mystérieuse.
..........................
Tant de chemins et tant de fourmilières et puis ta voix comme les gouttes d'eau sur l'aile d'un oiseau.
Jehan Mayoux
in " Au crible de la nuit "

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Fragment ininterrompu... [26 - Apr - 08 @ 15:59]
Sujet posté dans le thème: POE
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éclat reflet échappé du miroir
point invisible à part le temps
sans parcours
sans jaillissement
comme sans rayonnement
reflet noir en plein miroir
infini noir en plein miroir
reflet levé projeté d'éclats
le lieu-point ébloui par le miroir
en un lieu instantané où il faut pénétrer
un lieu mouvant extrêmement proche et
lointain à la fois
un point de convergence obscure
d'une incroyable fulgurance
de l'univers et de l'esprit infinis
de l'infini extérieur à l'espace interne...
Roger Méyère
in " Double poésie d'elle-même "

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Au voisinage des tableaux de Jacques Hérold... [25 - Apr - 08 @ 11:22]
Sujet posté dans le thème: GAL
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L'oeil humain est un soleil à l'image du monde. A la ligne d'horizon du sommeil, tiré d'un trait comme une flèche du coma de l'arc en ciel, droit au coeur des choses sensibles, ton regard perce le jour qui point dans la nuit des temps.
Les bords du tableau fondent et s'enchaînent au coeur de mon dernier instant: le présent.
Au point du jour et de la suie, ton regard s'arrête et tu demeures entre les eaux. La pluie siège et tu es au demeurant - mais tu fais corps avec la mer et tes yeux passent entre les perles, tes yeux restent comme deux gouttes d'eau...
Stanislas Rodanski 1948
Portrait de Léon Veintraub par Jacques Hérold
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Mais vous naïfs animaux... [24 - Apr - 08 @ 13:21]
Sujet posté dans le thème: GAL
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C'est spontanément que vous survolez
du haut de la conscience extérieure...
Vous n'imitez la mort qu'en vous y mirant
et demeurez longtemps semblables
à votre premier rendez-vous avec elle
Aussi est-ce de très loin
que vous vous regardez résister à l'invisible
comme ces nappes d'eau
toujours à l'horizon d'elles-mêmes
qui ne se souviennent que de leur transparence
Et sans doute connaissez-vous
à travers le Chaos l'exact chemin
qui serpente à la limite des deux mondes
de l'illusoire dont vous gardez l'empreinte
au spectacle libre et agile que vous donne la mort...
René Nelli
in " Point de langage "

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Cheval marin... [23 - Apr - 08 @ 14:24]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Perdue dans les couleurs de l'Atlantide qui se fondent l'une l'autre, illimitables. Poissons de velours, poissons d'organdi aux crocs de dentelle, poissons de taffetas pailleté, poissons de soie, de plumes, poissons-chats, poissons aux flancs laqués, aux yeux de cristal de roche, poissons de cuir desséché avec leurs yeux de groseilles - des yeux pareils au blanc d'un œuf. Fleurs palpitantes sur leur tige comme cœurs de mer. Pas un qui sente son propre poids, et ce cheval marin se mouvant telle une plume...
....................
Je me réveillai à l'aube, jetée sur un rocher - squelette d'un navire étranglé par sa propre voilure.
Anaïs Nin
in " La demeure de l'inceste "

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L'oeil [22 - Apr - 08 @ 16:00]
Sujet posté dans le thème: POE
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L'œil seul est spatial. Les autres sens sont temporels.
Novalis

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Inventaire des étoiles [21 - Apr - 08 @ 14:38]
Sujet posté dans le thème: POE
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Je connais des étoiles qui ouvrent des sillons sinueux autour d'une solitude étale
des étoiles qui planent comme la mouette au-dessus d'un océan d'amertume
des étoiles qui glissent sur la soie de soirs de fête jusqu'à la brisure du miroir
des étoiles qui reviennent après une longue absence prendre leur place au coeur du brasier
des étoiles qui emportent le malheur au loin pour l'ensevelir dans des charniers obscurs...
.....
je connais aussi une étoile saignante
dans son étau bleu
dont les reflets de douleur m'éclaboussent
chaque fois que le jour meurt.
Roland Giguère

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Puissances futures [20 - Apr - 08 @ 16:38]
Sujet posté dans le thème: POE
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Le gréement de la nuitée bruissante
Crève la voûte des lenteurs...
Elie-Charles Flamand

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Partir [19 - Apr - 08 @ 11:27]
Sujet posté dans le thème: POE
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Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas
l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot
mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot?
Aimé Césaire
Extrait de " Cahier d'un retour au pays natal "

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Le Coeur-Espace [19 - Apr - 08 @ 10:34]
Sujet posté dans le thème: POE
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...Je ne me souviens plus du nom de ces étoiles lasses dans le ciel.
Depuis longtemps pour moi les cieux coupeurs de têtes sont morts.
Le vent m'apporte cette nuit un bruit de pas sur des plages,
Avènement obscur d'un dernier feu.
-- Des ruines du rivage est monté le froid, et dans les miroirs
La terre déforme le visage glacé que les femmes tendent au bout des piques de plein vent.
...............
Je ne me souviens plus,
Et le jardin pourtant au fond de l'année s'ouvre encore,
Les grilles ne savent plus crier.
Je n'ai pas oublié le terrible silence des jardins.
Yves Bonnefoy
in " Anti-Platon "

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Orphée aux Enfers [18 - Apr - 08 @ 16:48]
Sujet posté dans le thème: POE
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J'ai marché toute la nuit. Des armées de moi-même ont marché. Des colonnes de basalte ont traversé les soleils mourants. Les chemins de la nuit se sont refermés comme des livres.
..............
Les questions marchaient en se tenant par la main, comme des aveugles.
Les questions marchaient sur le bord étroit de la nuit.
..............
Un berger traversa la ville avec son troupeau. Un berger au manteau de verdure et de silence.
Maurice Blanchard
in " La Hauteur des murs "

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Caresse [17 - Apr - 08 @ 15:16]
Sujet posté dans le thème: POE
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Je me suis prise à caresser
la mer qui hume les orages.
Paul Eluard

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...Se couche à l'ouest [15 - Apr - 08 @ 14:41]
Sujet posté dans le thème: POE
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Tes mains de morte
Marie sans nom
Joins-les aux nôtres
Que j'en sente encore la chaleur
Comme d'une lampe voilée par l'éclat de sa propre lumière
Car nous sommes exilés comme toi
Loin de notre réalité visible
Et invisible
Qui s'ouvre comme une châtaigne sur la braise
Pour s'envoler
Au premier souffle du printemps
Tandis que tu redescends
Pensivement
L'escalier qui conduit à l'illusoire chemin de ronde...
Jean Louis Bédouin - 1968-

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Ô Tout... [14 - Apr - 08 @ 14:31]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Ô tout de mon tout - ô mon ouïe, ô ma vue,
Ô ma totalité, ma composition et mes parts !
Ô Tout de mon tout - tout de toutes choses, énigme équivoque,
C'est le tout de Ton tout que j'obscurcis en voulant T'exprimer !
Ô Toi, à qui mon esprit s'était suspendu, déjà mourant d'extase...
Al Hallâj

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Ars poetica [13 - Apr - 08 @ 15:01]
Sujet posté dans le thème: POE
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...Un poème doit être sans mots
Comme le vol des oiseaux.
Un poème doit être immobile dans le temps
Lorsque monte la lune,
Et laisser, lorsque la lune délivre
Brindille à brindille les arbres enchevêtrés dans la nuit,
Laisser, lorsque la lune abandonne derrière l'hiver,
Souvenir à souvenir l'esprit.
Un poème doit être immobile dans le temps
Lorsque la lune monte...
Archibald MacLeish

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Comme naissent les feuilles... [12 - Apr - 08 @ 11:07]
Sujet posté dans le thème: GAL
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" Magnanime, fils de Tydée, pourquoi me demander quelle est ma naissance ? Comme naissent les feuilles, ainsi font les hommes. Les feuilles, tour à tour, c'est le vent qui les épand sur le sol, et la forêt verdoyante qui les fait naître, quand se lèvent les jours du printemps. Ainsi les hommes : une génération naît à l'instant même où une autre s'efface. "
Homère
in " L'Iliade " - Livre VI - Réplique de Glaucos à Diomède.

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L'arbre du ciel [11 - Apr - 08 @ 10:20]
Sujet posté dans le thème: POE
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Pour l'ornement de qui les bouches
Des roses s'ouvrent sur un discours langoureux;
Et de la grâce de qui les arbres du ciel
Apprennent leur blanche stature...
Kenneth Patchen

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La Sibylle de Cumes [10 - Apr - 08 @ 20:05]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Tu verras la prêtresse inspirée qui, sous sa roche profonde, chante les destinées et qui sur des feuilles d'arbres inscrit des lettres et des mots. Tous les vers prophétiques que la vierge a tracés sur ces feuilles sont disposés en ordre et restent enfermés dans son antre. Ils y demeurent immobiles, et l'ordre n'en est jamais troublé. Mais que la porte s'ouvre et que du seuil un souffle d'air chasse et disperse cette légère frondaison, elle les laisse voltiger dans sa caverne et ne se soucie point de les reprendre, de les ranger, d'en réunir les vers épars.
Virgile
in " Enéide " - Livre III - Hellenus à Enée.
Peinture de Michel Angelo datant de 1510
"La Justice, la Vierge, revient demeure avec nous et le règne de Saturne est restauré. Le premier-né du nouvel âge est déjà sur le chemin qui mène des hauts cieux jusqu'ici-bas."
Prédiction de la Sibylle de Cumes
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Océan [9 - Apr - 08 @ 00:08]
Sujet posté dans le thème: POE
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Sur ce rivage vieux, le vulgaire océan
Roule sans bruit, sans bruit, tel un oiseau sans poids
Qui sur son nid va se poser, mais jamais ne se pose.
Aile après aile se déploie sans jamais être une aile
Et serres sur la grève sans arrêt grattent le galet, le galet futile,
Le galet en rumeur qu'enfin entraînent les eaux...
Wallace Stevens

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Nature [8 - Apr - 08 @ 14:26]
Sujet posté dans le thème: POE
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Et jusqu'à l'infini, les herbes rigides ou languissantes dans les champs,
Et dessous les fourmis brunes dans leurs petites murailles
Et la croûte moussue où se cache le ver, les pierres amoncelées, la molène et la morelle en grappes.
Walt Whitman
in " Specimen Days "

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L'enfant [7 - Apr - 08 @ 00:09]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Si l'enfant est souvent artiste, il n'est pas un artiste. Car son talent le possède, et lui ne le possède pas.
André Malraux
in " Les voix du silence "

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Conseil à un voyageur [6 - Apr - 08 @ 11:23]
Sujet posté dans le thème: POE
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...De bas en haut, contemple l'air trompeur;
C'est qu'à tes pieds le lac est plat; son miroir
Ne peut te faire mal, et cependant
Les oiseaux dans le ciel tracent, là-haut,
Les cercles de l'immense solitude.
Howard Moss

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Jeu de barres [5 - Apr - 08 @ 14:19]
Sujet posté dans le thème: POE
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Que firent les petits enfants
la dernière fois qu'on crucifia le Christ ?
Ils se cachèrent tous sous une guirlande de mûrier
et ne cessèrent de se surveiller.
C'est qu'ils jouaient au jeu de barres,
et comme face à face les camps s'épiaient,
ceci seul importait vraiment :
qui serait pris, qui pourrait prendre les autres
avant que fût sombre le soir,
avant que fût sombre la terre, et sombre l'air.
Daniel G. Hoffman
in " Incubus "

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Arbre [4 - Apr - 08 @ 22:00]
Sujet posté dans le thème: POE
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Je marche d'un pas lent sur les hautes murailles de défense et je regarde fixement
Les fondations d'une maison ou cet endroit
Dont l'arbre, comme un doigt couvert de suie, s'élève en naissant de la terre.
William Butler Yeats

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La vision [3 - Apr - 08 @ 18:40]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Oui, il était là, son tableau. Il était là, avec tous ses verts et ses bleus, ses zébrures perpendiculaires et latérales, son effort pour réaliser quelque chose. On l'accrochera au mur d'une mansarde, songea-t-elle, il sera détruit, mais qu'importe, se dit-elle, reprenant son pinceau. Elle regarda les marches, elles étaient vides; elle regarda sa toile, elle devenait confuse. Avec une intensité soudaine comme si, l'espace d'une seconde, elle l'apercevait avec clarté, elle traça un trait là, au centre. C'était fait; c'était fini. Oui, songea-t-elle, reposant son pinceau avec une lassitude extrême, j'ai eu ma vision.
Virginia Woolf
in " La promenade au phare "

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Le personnage de l'amour quête de ce qui fut perdu. [2 - Apr - 08 @ 13:50]
Sujet posté dans le thème: POE
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Vois comme ces étoiles marchent au ciel appuyées sur leur bâton
De vieille lumière; avec quelle simplicité cet azur
Porte l'éternité dans la calme grotte de Dieu, où César
Et Socrate, comme deux primitives peintures sur un mur
Regardent, de leurs yeux niais, l'univers où nous sommes.
...........................
Doucement comme le sommeil d'une fleur, amour,
Le vent herbeux avance sur la prairie émue de la nuit:
Vois comme les grands yeux en bois de la forêt
Regardent l'architecture de notre innocence.
..............................
T'es-tu demandé pourquoi toutes les fenêtres étaient brisées au ciel ?
As-tu vu les sans-gîte dans la main de Dieu, tombe ouverte ?
Veux-tu apprendre aux alouettes la sotte musique de la guerre ?
...........................
Kenneth Patchen

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Le calumet [1 - Apr - 08 @ 14:16]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Quand on bourre un calumet, tout l'espace (représenté par les offrandes aux Pouvoirs des Six Directions) et toutes les choses (représentées par les grains de tabac) sont comprimés en un seul point (le fourneau ou coeur du calumet), en sorte que le calumet contient, ou est réellement, l'univers.
Mais étant l'univers, le calumet est aussi l'homme, et celui qui bourre un calumet doit s'identifier à ce dernier, établissant ainsi non seulement le centre de l'univers, mais encore son propre centre; il se "dilate" au point que les six directions de l'espace ont, en fait, leur origine en lui-même. C'est par cette "dilatation" qu'un homme cesse d'être une partie, un fragment, et devient totalité, ou sainteté; il fait éclater l'illusion d'un état d'isolement.
Elan Noir Chef Sioux Oglala - 1863-1950

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M'imaginant dans la mort... [31 - Mar - 08 @ 23:50]
Sujet posté dans le thème: POE
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M'imaginant dans la mort,
Mes tendres filaments
De fil se sont mués en air,
Et voilà toute ma conscience
(Comme un monde de pierres et de rocs,
Mon grand corps lourd exhale cependant
Une bien violente atmosphère
Qui est l'insaisissable rupture de l'air)...
...
Voilà que j'étais l'air, l'air,
Et que je pressais contre l'oeil et la joue
Les aveugles gonds de l'éternité,
Qui font grincer le monde entier.
Richard Eberhart

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Dessin [30 - Mar - 08 @ 16:04]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Le dessin dépourvu d'inhibition constitue le premier enregistrement de l'idée intérieure. En lui, pour la première fois, la réalité subjective et la réalité objective sont saisies. C'est pourquoi rien ne peut remplacer le dessin.
Il contient en général la structure architecturale qui décrit comment l'espace à trois dimensions est exploité à fond, aussi bien que le schéma géométrique, la mise en place des formes, la valeur des couleurs...
Au milieu d'un travail fatigant, j'éprouve parfois pendant de courts moments un grand bonheur, qui me touche comme une vague. Je devine peut-être, alors, que ce que je fais a une signification et un but... Au milieu du chaos des faits sans suite et profondément absurdes, au milieu d'un océan d'instruments et de pouvoirs spécialisés, je suis capable d'exprimer une vérité... qui ne peut pas être exprimée d'autre façon.
Henry Koerner

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L'esprit [29 - Mar - 08 @ 14:11]
Sujet posté dans le thème: GAL
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S'il cessait d'être incarné, il perdrait du même coup son individualité, ses rapports avec le temps et l'espace, sa faculté d'expression et sa vision particulière de la nature et de l'histoire : en vérité, s'il cessait d'être incarné, il cesserait tout simplement d'être. Le destin de tout esprit est d'exister à l'intérieur d'un corps particulier, à une période déterminée. Mais de par sa nature et sa fonction, il lui faut, de l'intérieur de ce monde limité, communiquer avec la vie et l'univers en général.
George Santayana
in " L'Univers, mon hôte "

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S'ils parlaient... [29 - Mar - 08 @ 00:08]
Sujet posté dans le thème: POE
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Les animaux ne sauront pas,
Ne comprendraient pas, resteraient indifférents
Devant tous leurs noms, dans nos livres,
Devant toutes leurs images.
Quels noms? Ils n'en connaissent pas le son;
Dans leur silence ils n'ont pas songé à la chose.
On ne les a pas prévenus qu'ils sont vivants;
Ils ne savent pas qui les a mis là.
Tout simplement ils sont. Comme nous sommes;
Ils nous le diraient, s'ils pouvaient parler;
Nous les écouterions peut-être, et l'univers
Serait incréé d'un seul coup.
Mark van Doren

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Etoiles [27 - Mar - 08 @ 17:41]
Sujet posté dans le thème: POE
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Les blanches, les silencieuses étoiles
Mènent leur tournoyant anneau,
Et se penchent du haut du ciel noir
Pour écouter le chant du monde-cygne...
Thomas Merton
Poème : 1939

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Si nous savions... [26 - Mar - 08 @ 23:10]
Sujet posté dans le thème: POE
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Si nous savions faire ce que les blancs oiseaux
font
du fil affûté de leur aile raide trancher les franges du vent,
le réduire en poussière comme s'effondre la lancée des vagues
écrasées sur les rocs, criant leur clameur:
" Oh, moi, si ça vous amuse, ça ne me gêne pas", presque avec le sourire,
tandis que les légères spirales de fumée d'incessantes cheminées
montant se suspendre à un nuage qui est blanc
peuvent explicitement se payer le luxe d'être
savantes exquisément.....
Marsden Hartley (1877-1943)
MARSDEN HARTLEY
Birds of the Bagaduce, 1939
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Tremblement [25 - Mar - 08 @ 15:14]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Le sol tremble
Comme je suis sur le point d'entrer.
Le coeur me manque
Comme je suis sur le point d'entrer
Dans la hutte de l'esprit.
Chant indien Mide

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Quelques notes.. [25 - Mar - 08 @ 00:07]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Pour créer un tout, celui qui travaille à ses parties doit avoir ses propres parties, arrangées séparément, disposées de telle manière qu'elles soient mobiles (et bien qu'elles ne puissent être interverties, il faut qu'on ait le sentiment qu'elles le peuvent); avoir ses lignes de connexion, ses vivantes artères de connexion. Et il y aura des points de convergence, des points qui accrochent sans relâche, sans erreur, le regard. De ces points organisés en eux-mêmes. Oui, il y aura de grandes et de petites parties, interdépendantes, donnant toutes le sentiment d'un mouvement possible.
John Marin
Maine Islands (1922)

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Poésie [23 - Mar - 08 @ 13:25]
Sujet posté dans le thème: GAL
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La poésie est une langue à part alors que les peuples s'imaginent qu'elle est une certaine manière d'employer la leur. Langue sublime, morte et vivante, équilibre instable entre ce que nous croyons savoir et ce que nous savons ne pas savoir. Et si vous me demandez en cette grave minute à quoi sert la poésie, je vous dirai que si j'étais capable de vous répondre, je ressemblerais à une plante qui se mêle d'horticulture.
Jean Cocteau
in " Court métrage "

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Faustine [22 - Mar - 08 @ 10:59]
Sujet posté dans le thème: GAL
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La plus frappante particularité de l'onde en question résidait de prime abord dans son éclat prodigieux; la moindre goutte brillait de façon aveuglante et, même dans la pénombre, étincelait d'un feu qui lui semblait propre... Dès que l'astre luisait, l'ensemble se parait d'une irradiation presque insoutenable....
Raymond Roussel
in " Locus Solus "

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La sixième heure [21 - Mar - 08 @ 17:36]
Sujet posté dans le thème: GAL
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" Quel calme s'empare de l'homme à la sixième heure !
La connaissance se lève comme un soleil, même pour le plus aveugle."
Franz Kafka
in " La Métamorphose "

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Âme [20 - Mar - 08 @ 13:44]
Sujet posté dans le thème: GAL
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« Votre âme est un paysage choisi. »
Paul Verlaine
in " Fêtes galantes " - Clair de lune

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Silence [19 - Mar - 08 @ 23:07]
Sujet posté dans le thème: POE
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...J'assume
Une manière d'existence cristalline,
Dans cette immensité translucide, ici même,
A présent ou jamais,
Il faut que la forme de l'être humain
En sa géométrie,
Sa cristallographie,
Son astronomie, soit visible.
Le bien et le mal de ma propre histoire
Défilent devant moi. Je peux les voir
Et les peser. D'abord ils passent
Avec les autres événements personnels,
Les sensations et les désirs.
A la fin il ne reste rien
Que le savoir, lui-même un grand cristal
Qui enveloppe le cristal
Sans limites de l'air,
Du roc, de l'eau. Les deux cristaux
Sont d'un parfait
Silence. On ne peut rien
En dire. Rien du tout.
Kenneth Rexroth
in " Le temps est la grâce de l'éternité "

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Le chant délirant du fou [18 - Mar - 08 @ 11:58]
Sujet posté dans le thème: POE
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Souvent, je l'entendais comme en rêve
Lointain, solitaire et doux
Comme la complainte, le chant funèbre
De la raison morte et perdue.
Pour m'enivrer de ses accords, je fuyais
A pas muets dans le silence
Avant que le dieu du jour se levant
Ne frappe à l'orient les collines.
L'air retenait son souffle; et les arbres immobiles
Semblaient des anges accablés de douleur.
Les larmes dont ils étaient gonflés tombaient en gouttes de rosée
Sur la terre à l'écoute.
Abraham Lincoln

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Tout-tenant [16 - Mar - 08 @ 16:08]
Sujet posté dans le thème: POE
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...Je crois qu'au commencement était bien la folie
S'expliquer avec un miroir
superpositions-mirages
Debout mon ange, je me nécessite un silence déformant
Celui-là même qui subsiste avant tout instant de fracas
On est foutu mon corps -- pourquoi my asservir
finir seulement la dimension manquante
comme quelqu'un assujetti au rien
il fait sombre en ce pays de lumière --
Le vent de Tout-tenant...
Claude Noël
in " Déraisonances "

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Un corps inaudible [15 - Mar - 08 @ 16:48]
Sujet posté dans le thème: GAL
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(les maisons dans le grand parc - îles couleurs claires, toutes si claires, blanches ocres ou roses, leurs façades criblées par les avancées du ciel - posent au bord du soleil, poussées par le flux des herbes hautes
à mots éculés traînent les promenades soliloques de la veille qui descendent les allées d'un sourire bonjour
et le ciel du matin tôt n'a plus lieu d'incidence; il ne se passe aucune journée depuis l'éveil des cils jusqu'au coucher médicamenteux...
d.manz'ie
in " Déraisonnances "

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Perméabilité mentale [14 - Mar - 08 @ 18:17]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Accroche ton esprit au souffle du vent.
Qu'il te souffle, qu'il te souffle, comme une poignée de graines,
Une poignée de feuilles en automne! Souffle, souffle!
Peu importe où ni pour quelle raison,
Pour la vie ou pour la mort. Suis le vent,
Tourne et retourne, assieds-toi dans un arbre, quitte-le,
Descends un fleuve, habillé de rouge, pour que la truite
Te regarde, sans repos, sans but, étincelant!
Rien ne sied mieux à l'âme que la métamorphose.
Conrad Aiken
in " Preludes for Memnon "

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Ombres [13 - Mar - 08 @ 13:41]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Je me suis environné d'ombres qui m'égarent, car elles singent les réalités de la vie. Elles m'ont attiré à l'écart des chemins fréquentés et m'ont laissé dans une étrange solitude; une solitude au milieu des hommes dont aucun n'éprouve les mêmes désirs que moi, dont aucun ne pense ni ne sent comme moi.
Ce sont les contes qui ont fait tout cela. Peut-être que lorsqu'ils seront en cendres, je me retrouverai tel que j'étais avant de leur donner l'être...
Nathaniel Hawthorne
in " Le Démon du Manuscrit "

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Le vieux chaos. [12 - Mar - 08 @ 18:20]
Sujet posté dans le thème: POE
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J'ai vu moi-même et Dieu.
J'ai vu les ruines où vit le Seigneur:
Sans forme et vaste, l'épave éparpillée du monde;
La tristesse insondée, la misère sans fond.
J'ai entendu des pleurs, mais aussi de la joie.
J'ai vu des ruines, mais aussi des fleurs.
J'ai vu la haine, mais aussi l'amour.
Et ainsi je me suis vu moi-même.
Conrad Aiken
in " Preludes for Memnon " - 1931-

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Chant d'une vieille femme dans le froid [11 - Mar - 08 @ 18:02]
Sujet posté dans le thème: POE
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Pas un mot, pas un mot.
La neige tombe.
Et le vent souffle comme en arrière.
Chant indien Papago

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Conversation d'Ulysse avec Tirésias [10 - Mar - 08 @ 23:47]
Sujet posté dans le thème: POE
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Et puis nous sommes descendus jusqu'au navire,
Avons poussé la quille vers les brisants, droit sur la mer des dieux, et
Dressé le mât et mis la voile sur ce navire basané,
Embarqué des brebis, et nos corps aussi
Lourds de larmes, et les vents en poupe
Nous ont poussés vers le large, toutes voiles gonflées,
Ruse de Circé, la déesse casquée d'une savante coiffure.
Homère
in " Odyssée " - XIème Livre -
Traduction par Ezra Pound du texte latin établi en 1530
par Andreas Divus Justinopolitanus.

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Chant de la Danse du Bison [8 - Mar - 08 @ 15:30]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Il a dit, Irréel se dresse le bison,
Ce sont là ses paroles.
Irréel le bison se dresse,
Irréel il se dresse dans le grand espace.
Irréel il se dresse.
Chant indien Pawnee

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Adieux à un ami [7 - Mar - 08 @ 23:10]
Sujet posté dans le thème: POE
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Montagnes bleues au nord des murailles,
Fleuve blanc qui serpente près d'elles;
Il faut nous séparer ici
Et traverser mille lieues d'herbe morte.
Esprit comme un gros nuage flottant,
Coucher de soleil comme la séparation de vieux amis
Courbés sur leurs mains jointes à distance.
Nos chevaux hennissent l'un pour l'autre
au moment du départ.
Ezra Pound

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Un moment de vision [6 - Mar - 08 @ 18:03]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Arrêter pour un temps les mains occupées aux œuvres pratiques de la terre, obliger des hommes absorbés par la vue lointaine de succès matériels à contempler un moment autour d'eux une vision de forme, de couleurs, de lumière et d'ombre; les faire s'arrêter, l'espace d'un regard, d'un soupir, d'un sourire, tel est le but, difficile et fuyant, et qui n'est donné qu'à bien peu d'entre nous d'atteindre. Mais quelquefois, par l'effet de la grâce et du mérite, même cette tâche-là peut être accomplie. Et lorsqu'elle est accomplie, - ô merveille! - toute la vérité de la vie s'y trouve: un moment de vision, un soupir, un sourire et le retour à un éternel repos.
Joseph Conrad
in " Le Nègre du Narcisse "

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[5 - Mar - 08 @ 22:40]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Tout le monde veut comprendre la peinture. Pourquoi n'essaie-t-on pas de comprendre le chant des oiseaux ? Pourquoi aime-t-on une nuit, une fleur, tout ce qui entoure l'homme, sans chercher à les comprendre ? Tandis que pour la peinture on veut comprendre.
Qu'on comprenne surtout que l'artiste œuvre par nécessité...
Pablo Picasso
in " Conversations avec Picasso " par Christian Zervos (1935)
Flashlight: Femme
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Pureté [4 - Mar - 08 @ 11:58]
Sujet posté dans le thème: GAL
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"Je n'oublierai jamais le merveilleux calme qui planait sur la terre et l'eau. L'eau profonde et diaphane reposait au pied de la falaise toute chaude de soleil, comme une grande vasque de verre et tandis que la quille de notre bateau creusait son sillon, j'attendais presque le bruit du verre fendu et se brisant en mille morceaux... Et combien la couleur et le son ressortaient dans l'air limpide ! Les rochers couleur de mousse se reflétaient sans la moindre fêlure dans l'eau cristalline d'une teinte sombre... Je n'ai jamais rien vu qui rappelât une certaine pureté se trouvant dans l'air de Cragthorpe, cette légèreté, cet éclat, cette crudité qui permet à chaque élément du paysage d'affirmer sa réalité propre. La vue se présente toujours plus ou moins comme un tableau auquel manquerait une dernière opération, celle qui ramène tout à l'unité.
Henry James
in " A Landscape Painter "- 1866 -
Tableau de Fitz Hugh Lane (1804-1865) Ecole Luministe
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Le pont [2 - Mar - 08 @ 19:13]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Nous cherchons toujours à jeter un pont entre ce qui est et ce qui devrait être; et par là donnons naissance à un état de contradiction et de conflit où se perdent toutes nos énergies.
Krishnamurti

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Ce beau soir... [1 - Mar - 08 @ 10:55]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Oui, même si l'humanité est détruite, si notre race est anéantie comme Sodome, il suffit qu'il y ait ce beau soir sur la terre et les arbres illuminés...
Ce qui l'anime est tout entier ici et ne peut jamais se perdre. Après tout, qu'est-ce que l'humanité sinon une expansion de l'incompréhensible ?
D.H. Lawrence

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Théophanie [29 - Feb - 08 @ 14:13]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Au matin, une lune apparut dans le ciel,
elle descendit du ciel et jeta sur moi un regard:
comme un faucon qui saisit un oiseau lors de la chasse,
cette lune me ravit et m'emporta en haut des cieux.
Quand je me regardai moi-même, je ne me vis plus,
car dans cette lune mon corps, par grâce, était devenu pareil à l'âme...
Rûmi

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La ronde sous la cloche [28 - Feb - 08 @ 15:18]
Sujet posté dans le thème: POE
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Douze magiciens dansaient une ronde sous la grosse cloche de Saint-Jean.
Ils évoquèrent l'orage l'un après l'autre, et du fond de mon lit je comptai avec épouvante douze voix qui traversèrent processionnellement les ténèbres.....
Aloysius BERTRAND

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Rêve d'un papillon [27 - Feb - 08 @ 18:50]
Sujet posté dans le thème: POE
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Rêve d'un papillon hivernal.
Une goutte de neige fondue
Dans le Karakoram.
Kakio Tomizawa (1902 ~ 1962)

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Je te l'ai dit... [26 - Feb - 08 @ 14:14]
Sujet posté dans le thème: POE
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Je te l'ai dit pour les nuages
Je te l'ai dit pour l'arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l'oeil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l'ai dit pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent.
Paul Eluard

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Devenir [24 - Feb - 08 @ 15:36]
Sujet posté dans le thème: POE
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Du temple de feu
Emerge tourmentée la vie
Un arbre

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Sillons [23 - Feb - 08 @ 13:22]
Sujet posté dans le thème: POE
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Le grave laboureur fait ses sillons et règle
La page où s'écrira le poème des blés...
Victor Hugo

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Gouttes [22 - Feb - 08 @ 16:25]
Sujet posté dans le thème: POE
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Au jour de chrysanthème
Je secoue et peigne mes cheveux mouillés
Des gouttes se laissent tomber.
Hisajo Sugita (1890 ~ 1946)

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Vibrations [21 - Feb - 08 @ 23:16]
Sujet posté dans le thème: POE
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L'espace a fait bourdonner
Les ailes fines de la libellule.
Sekitei Hara (1889 ~ 1951)

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Larmes [21 - Feb - 08 @ 00:58]
Sujet posté dans le thème: POE
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Le printemps passe.
Les oiseaux crient
Les yeux des poissons portent des larmes.
Basho Matsuo (1644 ~ 1694)

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Vaisseaux intergalactiques [19 - Feb - 08 @ 17:46]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Le grand vapeur du vent approche.
Il vient du fond de l'univers,
Comme ça.
Il transporte toutes sortes de guérisseurs mystiques,
Et les docteurs et les fées
Des villes étranges de l'espace.
De puissants guérisseurs approchent...
Chant vaudou
Détails de "La Crucifixion" - 1350
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Le cygne des ténèbres [18 - Feb - 08 @ 23:17]
Sujet posté dans le thème: POE
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Quand sur notre terre où se joue
Le blanc flocon flottant sans bruit
La mort, spectre vierge, secoue
Ses ailes pâles dans la nuit.
Quand nous glaçant jusqu'aux vertèbres,
Nous jetant la neige en rêvant,
Ce sombre cygne des ténèbres
Laisse tomber sa plume au vent...
Victor Hugo
in " Les Contemplations ".

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Fusion [17 - Feb - 08 @ 22:37]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Le Lakota était empli de compassion et d'amour pour la nature. Il aimait la terre et toutes les choses de la terre, et son attachement grandissait avec l'âge. Les vieillards étaient - littéralement - épris du sol et ne s'asseyaient ni ne se reposaient à même la terre sans le sentiment de s'approcher des forces maternelles. La terre était douce sous la peau et ils aimaient à ôter leurs mocassins et à marcher pieds nus sur la terre sacrée. Leurs tipis s'élevaient sur cette terre dont leurs autels étaient faits.
L'oiseau qui volait dans les airs venait s'y reposer et la terre portait, sans défaillance, tout ce qui vivait et poussait. Le sol apaisait, fortifiait, lavait et guérissait.
C'est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester séparés des forces de la vie. S'asseoir ou s'allonger ainsi leur permettait de penser plus profondément, de sentir plus vivement; ils contemplaient alors avec une plus grande clarté les mystères de la vie et ils se sentaient plus proches de toutes les forces vivantes qui les entouraient.
Luther Standing Bear
In " Pieds nus sur la Terre sacrée "
Last Horse
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Le feu [16 - Feb - 08 @ 18:29]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Le feu brûle les herbes
Et vient nous lécher.
Un enfant le relèche.
Koi Nagata (1900 ~ 1997)

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Obsidienne [15 - Feb - 08 @ 15:41]
Sujet posté dans le thème: POE
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Quel beau spectacle mais quel beau spectacle
A proscrire. Sa visibilité parfaite
Me rendrait aveugle.
Des chrysalides de mes yeux
Naîtra mon sosie ténébreux
Parlant à contre-jour soupçonnant devinant
Il comble le réel
Et je soumets le monde dans un miroir noir
Et j'imagine ma puissance
Il fallait n'avoir rien commencé rien fini
J'efface mon image je souffle ses halos
Toutes les illusions de la mémoire
Tous les rapports ardents du silence et des rêves
Tous les chemins vivants tous les hasards sensibles
Je suis au coeur du temps et je cerne l'espace.
Paul Eluard
in " Défense de savoir "

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Analogie [14 - Feb - 08 @ 16:43]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Que deux termes forment seuls une belle composition, cela n'est pas possible sans un troisième. Car il faut qu'entre eux il y ait un lien qui les rapproche tous les deux. Or, de toutes les liaisons, la plus belle est celle qui se donne à elle-même et aux termes qu'elle unit l'unité la plus complète. Et celà, c'est la proportion, l'analogie qui, naturellement, la réalise de la façon la plus belle.
Platon

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La Jérusalem Céleste [13 - Feb - 08 @ 15:11]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Il faut qu'en nous s'accomplissent spirituellement les rites dont ces murailles ont été l'objet matériellement. Ce que les évêques ont fait dans cet édifice, c'est ce que Jésus-Christ, le Pontife des biens futurs, opère chaque jour en nous de façon invisible... Nous entrerons dans la maison que la main de l'homme n'a pas élevée, dans l'éternelle demeure des cieux. Elle se bâtit avec des pierres vivantes, qui sont les anges et les hommes.
Saint Bernard

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Nuit Rhénane [12 - Feb - 08 @ 18:36]
Sujet posté dans le thème: POE
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Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme
Ecoutez la chanson lente d'un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds
Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n'entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées
Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter
La voix chante toujurs à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été
Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire.
Apollinaire
in " Alcools " -Rhénanes.

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Limites [11 - Feb - 08 @ 23:47]
Sujet posté dans le thème: GAL
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« Dieu n’est pas la limite de l’homme, mais la limite de l’homme est divine. Autrement dit, l’homme est divin dans l’expérience de ses limites. »
Georges Bataille
in " Le coupable "

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Simplicité [10 - Feb - 08 @ 16:56]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Par le symbole, les mondes communiquent entre eux. Il nous permet de passer d'un plan à l'autre, en constatant que la même unité règne partout et toujours. A sa naissance, l'homme reçoit les semences de toutes les vies possibles. A lui de choisir celle qu'il développera en lui. Il peut demeurer un végétal, un animal; il peut rester l'homme nu prisonnier des feuillages, comme on le voit sur de nombreux chapiteaux.
Mais ce n'est pas là sa véritable vocation. Comme le souhaitait le Moyen Age, l'homme se doit de faire disparaître l'écran opaque qui le sépare de la lumière divine. S'il le désire, il a la possibilité de devenir transparent, de ne plus croire à l'existence d'un monde matériel qui constituerait une barrière infranchissable entre le visible et l'invisible. C'est notre manière de voir les choses qui constitue cette barrière; en entrant dans la cathédrale, en nous plaçant au centre de nous-mêmes, nous nous mettons en accord avec quelque chose qui nous dépasse. Nous avons le sentiment juste de franchir une frontière, de devenir authentique.
L'homme qui, sur un chapiteau de Vezelay, tient devant lui un globe transparent qui lui permet de contempler le dangereux basilic sans danger, a atteint la transparence indispensable pour voir toutes choses telles qu'elles sont. Cet état spirituel correspond à ce que de nombreuses traditions nomment la simplicité, qui n'est pas à confondre avec une quelconque naïveté. L'homme simple est celui qui a réalisé l'unité avec lui-même et avec le monde extérieur. IL est"simple en esprit", "pauvre en esprit", parce que son désir de percevoir la Sagesse lui donne la possibilité de la découvrir en toutes choses.
Christian Jacq
in " Le message des constructeurs de cathédrales "

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Déracinement [9 - Feb - 08 @ 15:41]
Sujet posté dans le thème: GAL
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La création poétique est d’abord une violence faite au langage. Son premier acte est de déraciner les mots. Le poète les soustrait à leurs connexions et à leurs emplois habituels.
Octavio Paz
in " L’Arc et la Lyre "

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Bleu [8 - Feb - 08 @ 14:52]
Sujet posté dans le thème: ESO
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La lumière bleue est ma lumière, et la lumière blanche, celle de la Mère. Lorsque la conscience supérieure universalisée commence à descendre dans l'âdhâra, il est tout à fait naturel de voir cette lumière bleue.
C'est la conscience supérieure au-delà du mental, la conscience d'où viennent la paix, la force, la lumière, etc...
Le lotus blanc est la conscience de la Mère, le lotus rouge, ma conscience où brille toujours la lumière de la Connaissance et de la Vérité.
Le bleu est la couleur du mental supérieur. Le lotus bleu l'éclosion de ce mental supérieur dans votre conscience.
Sri Aurobindo
in " Lettres bengalies "

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Petite [7 - Feb - 08 @ 13:15]
Sujet posté dans le thème: POE
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A moitié petite,
La petite
Montée sur un banc.
Paul Eluard
in " Pour vivre ici "- onze haï-kaïs (1920)

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L'assommoir [5 - Feb - 08 @ 17:23]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Dans mon tableau de Café de nuit, j’ai cherché à exprimer que le café est un endroit où l’on peut se ruiner, devenir fou, commettre des crimes. Enfin j’ai cherché par des contrastes de rose tendre et de rouge sang et lie-de-vin, de doux vert Louis XV, et Véronèse, contrastant avec les verts-jaunes et les verts-blancs durs, tout cela dans une atmosphère de fournaise infernale, de soufre pâle, à exprimer comme la puissance des ténèbres d’un assommoir.
Et toutefois sous une apparence de gaieté japonaise et la bonhomie du Tartarin…
Van Gogh
in " Lettre du 8 septembre 1888 "
Détail du tableau "Café de nuit"
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Scission [4 - Feb - 08 @ 13:13]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Un bougeoir sur une chaise, un fauteuil de paille verte tressée,
Un livre sur le fauteuil,
Et voilà le drame éclairé.
Qui va entrer ?
Sera-ce Gauguin ou un autre fantôme ?
Le bougeoir allumé sur le fauteuil de paille indique, paraît-il, la ligne de démarcation lumineuse qui sépare les deux individualités antagonistes de Van Gogh et de Gauguin.
L’objet esthétique de leur dispute n’offrirait, si on le racontait, pas grand intérêt peut-être, mais il devait indiquer entre les deux natures de Van Gogh et de Gauguin une scission humaine de fond.
Je crois que Gauguin pensait que l’artiste doit rechercher le symbole, le mythe, agrandir les choses de la vie jusqu’au mythe,
alors que Van Gogh pensait qu’il faut savoir déduire le mythe des choses les plus terre-à-terre de la vie.
En quoi je pense, moi, qu’il avait foutrement raison.
Car la réalité est terriblement supérieure à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité.
Il suffit d’avoir le génie de savoir l’interpréter.
Ce qu’aucun peintre avant le pauvre Van Gogh n’avait fait,
ce qu’aucun peintre ne fera plus après lui,
car je crois que cette fois-ci,
aujourd’hui même,
maintenant,
en ce mois de février 1947,
c’est la réalité même,
le mythe de la réalité même, la réalité mythique elle-même, qui est en train de s’incorporer.
Ainsi, nul depuis Van Gogh n’aura su remuer la grande cymbale, le timbre supra-humain, perpétuellement supra-humain suivant l’ordre refoulé duquel les objets de la vie réelle sonnent,
lorsqu’on a su avoir l’oreille assez ouverte pour comprendre la levée de leur mascaret.
C’est ainsi que la lumière du bougeoir sonne, que la lumière du bougeoir allumé sur le fauteuil de paille verte sonne comme la respiration d’un corps aimant devant le corps d’un malade endormi.
Elle sonne comme une étrange critique, un profond et surprenant jugement dont il semble bien que Van Gogh puisse nous permettre de présumer la sentence plus tard, beaucoup plus tard, au jour où la lumière violette du fauteuil de paille aura achevé de submerger le tableau.
Et on ne peut pas ne pas remarquer cette coupure de lumière lilas qui mange les barreaux du grand fauteuil torve, du vieux fauteuil écarquillé de paille verte, bien qu’on ne puisse pas tout de suite la remarquer.
Car le foyer en est comme placé ailleurs et sa source étrangement obscure, comme un secret dont le seul Van Gogh aurait, sur lui-même, gardé la clef.
Antonin Artaud
in " Van Gogh, le suicidé de la société "

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Elle est [2 - Feb - 08 @ 15:51]
Sujet posté dans le thème: POE
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Elle est -- mais elle n'est qu'à minuit quand tous les oiseaux blancs ont refermé leurs ailes sur l'ignorance des ténèbres, quand la soeur de myriades de perles a caché ses deux mains dans sa chevelure morte, quand le triomphateur se plaît à sangloter, las de ses dévotions à la curiosité, mâle et brillante armure de luxure. Elle est si douce qu'elle a transformé mon coeur. J'avais peur des grandes ombres qui tissent les tapis du jeu et les toilettes, j'avais peur des contorsions du soleil le soir, des incassables branches qui purifient les fenêtres de tous les confessionnaux où des femmes endormies nous attendent.
O buste de mémoire, erreur de forme, lignes absentes, flamme éteinte dans mes yeux clos, je suis devant ta grâce comme un enfant dans l'eau, comme un bouquet dans un grand bois. Nocturne, l'univers se meut dans ta chaleur et les villes d'hiver ont des gestes de rue plus délicats que l'aubépine, plus saisissants que l'heure. La terre au loin se brise en sourires immobiles, le ciel enveloppe la vie : un nouvel astre de l'amour se lève de partout -- fini, il n'y a plus de preuve de la nuit.
Paul Eluard
in " Capitale de la douleur "- Nouveaux poèmes

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Mélusine [1 - Feb - 08 @ 18:38]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Mélusine au dessous du buste se dore de tous les reflets du soleil sur le feuillage d'automne. Les serpents de ses jambes dansent en mesure au tambourin, les poissons de ses jambes plongent et leurs têtes reparaissent ailleurs comme suspendues aux paroles de ce saint qui les prêchait dans les myosotis, les oiseaux de ses jambes relèvent sur elle le filet aérien. Mélusine à demi reprise par la vie panique, Mélusine aux attaches inférieures de pierrailles ou d'herbes aquatiques ou de duvet de nid, c'est elle que j'invoque, je ne vois qu'elle qui puisse rédimer cette époque sauvage...
André Breton
in " Arcane 17 "

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Au fond du coeur [31 - Jan - 08 @ 17:38]
Sujet posté dans le thème: POE
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Au fond de notre coeur, un beau jour, le beau jour de tes yeux continue. Les champs, l'été, les bois, le fleuve. Fleuve seul animant l'apparence des cimes. Notre amour c'est l'amour de la vie, le mépris de la mort. A même la lumière contredite, souffrante, sans croissance ni fin, un jour sur terre, plus clair en plein terre que les roses mortelles dans les sources de midi.
Au fond de notre coeur, tes yeux dépassent tous les ciels, leur coeur de nuit. Flèches de joie, ils tuent le temps, ils tuent l'espoir et le regret, ils tuent l'absence.
La vie, seulement la vie, la forme humaine autour de tes yeux clairs.
Paul Eluard
in " Donner à voir " -1939

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L'herbe [30 - Jan - 08 @ 00:20]
Sujet posté dans le thème: POE
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Quand l'herbe poussera au-dessus de ma sépulture,
Que ce soit là le signal pour m'oublier tout à fait.
La Nature ne se souvient jamais, et c'est en cela qu'elle est belle.
Et si vous ressentez le besoin maladif d' "interpréter" l'herbe verte sur ma sépulture,
Dîtes que c'est moi qui continue à verdoyer et à être naturel.
Fernando Pessoa
in " Poèmes désassemblés"

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Liberté [28 - Jan - 08 @ 18:51]
Sujet posté dans le thème: GLERC
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Vous serez libres en vérité non pas lorsque vos jours seront sans un souci et vos nuits sans un désir et sans une peine, mais plutôt lorsque ces choses enserreront votre vie et que vous vous élèverez au-dessus d'elles nus et sans entraves.
Kahlil Gibran

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Empathie [27 - Jan - 08 @ 16:30]
Sujet posté dans le thème: GLERC
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J'ai bien passé des heures de ma vie à regarder pousser l'herbe ou à contempler la sérénité des grosses pierres au clair de lune.
Je m'identifiais tellement au mode d'existence de ces choses tranquilles, prétendues inertes, que j'arrivais à participer à leur calme béatitude.
Georges Sand

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Le Feu [26 - Jan - 08 @ 18:58]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Un jour, nous aurons maîtrisé les vagues, les marées et la pesanteur, nous exploiterons l'énergie de l'amour.
Alors, pour la seconde fois dans l'histoire du monde, l'homme aura découvert le feu.
Pierre Teilhard de Chardin

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L'espoir [25 - Jan - 08 @ 15:52]
Sujet posté dans le thème: GAL
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L'espoir porte un costume de plumes, se perche dans l'âme et inlassablement chante un air sans paroles; mais c'est dans la tempête que son chant est le plus doux.
Emily Dickinson (1830-1886)
Espoir 2 de Gustav Klimt
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Fraternité [24 - Jan - 08 @ 18:29]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Quand vraiment nous souviendrons-nous que nous sommes tous unis les uns aux autres, que nous sommes tous les membres d'un seul corps ?
Tant que l'esprit d'amour pour autrui, quelle que soit sa race, la couleur de sa peau ou ses croyances, ne remplira pas le monde, faisant de la fraternité humaine une réalité dans nos vies et dans nos actes, tant que tous les hommes ne se sentiront pas responsables du bien-être de tous les autres, la justice sociale ne pourra pas exister.
Helen Keller
Bayanihan de Carlos "Botong" Francisco
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Vous êtes... [23 - Jan - 08 @ 18:16]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Vous êtes tout ce qui est, vos pensées, votre vie, vos rêves sont vrais.
Vous êtes tout ce que vous choisissez d'être.
Vous êtes sans limites comme l'univers sans fin.
Shad Helmstetter
Samy Thiebault
http://samythiebault.free.fr/
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Sol Invictus [22 - Jan - 08 @ 17:43]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Dans la profondeur de l'hiver, j'ai finalement appris qu'il y avait en moi un soleil invincible.
Albert Camus

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Ad'dahma [21 - Jan - 08 @ 18:43]
Sujet posté dans le thème: GAL
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..L'Ecrasante...Elevée graduellement vers le promontoire abrupt qui surplombe la contrée des Hauts Plateaux couverts de forêts, au sol et au sous-sol en émoi depuis les prospections romaines et les convois de blé acheminés par les Gênois pour finir impayés dans les silos du Directoire, Constantine était implantée dans son site monumental, dont elle se détachait encore par ses lumières pâlissantes, serrées comme des guêpes prêtes à décoller des alvéoles du rocher sans attendre l'ordre solaire qui téléguide leur vol ausitôt dissipé,- insoupçonnable promontoire en son repaire végétal, nid de guêpes désertique et grouillant, enfoui dans la structure du terrain, avec ses tuiles, ses catacombes, son aqueduc, ses loges, ses gradins, son ombre d'amphithéâtre de toutes parts ouvert et barricadé,- le roc, l'énorme roc trois fois éventré par le torrent infatigable qui s'enfonçait en battements sonores, creusant obstinément le triple enfer de sa force perdue, hors de son lit toujours défait, sans assez de longévité pour parvenir à son sépulcre de blocs bouleversés : cimetière en déroute où le torrent n'était jamais venu rendre l'âme, ranimé bien plus haut en cascades inextinguibles, sombrées à flanc d'entonnoir, seules visibles des deux ponts jetés sur le Koudia, du ravin où l'oued n'était plus qu'un bruit de chute répercuté dans la succession des gouffres, bruit d'eaux sauvages que ne contenait nulle chaudière et nul bassin, bruissement sourd sans fin, sans origine, couvrant le grondement acharné de la machine dont la vitesse décroissait cependant, traversant des restes de verdure, prairies encore interdites au cheptel, irradiées sous la légère croûte de gel, fourrés de figuiers nus et difformes, de caroubiers, de ceps en désuétude, d'orangeraies rectilignes, détachements de grenadiers, d'acacias, de noyers, ravines de néfliers et de chênes jusqu'aux approches du chaos brumeux et massif,- le roc, sa solitude assiégée par la broussaille, l'énorme roc et l'hiver finissant dans ses replis âpres et irrités...Sidi Mabrouk..
Kateb Yacine
in " Nedjma "

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L'état de présence [20 - Jan - 08 @ 13:12]
Sujet posté dans le thème: ESO
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...Quant à ce professeur dont tu m'as parlé et qui ne trouve pas l'état de présence *, dis lui qu'il ne regarde ni vers le passé ni vers l'avenir, qu'il soit le " fils de l'instant ", et qu'il prenne la mort pour cible de ses yeux; alors il le trouvera, si Dieu le veut.
* La conscience de la Présence divine ( hudhûr).
Sheikh Al Arabi Ad-Darqawi
in " Lettres d'un maître soufi "

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Fumées [19 - Jan - 08 @ 14:19]
Sujet posté dans le thème: GAL
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...tandis que tous deux, silencieux, immobiles, regardaient s'élever lentement la fumée de leurs pipes. Le nuage tantôt se défaisait dans un souffle de vent, tantôt demeurait en suspens entre eux; et la réponse tenait dans ce nuage. Quand le souffle emportait la fumée, Marco pensait aux vapeurs qui couvrent l'étendue marine ou les chaînes de montagnes, et qui, lorsqu'elles s'éclaircissent, laissent un air sec, diaphane, révélant des villes lointaines. C'était au-delà de l'écran d'humeurs volatiles que son regard voulait atteindre: la forme des choses se distingue mieux de très loin.
Ou bien, le nuage s'arrêtant à peine sorti des lèvres, dense, presque immobile, renvoyait à une vision d'un autre genre: les exhalaisons qui stagnent par-dessus les toits des métropoles, l'opaque fumée qui ne se défait pas, la chape pourrie qui pèse sur les rues bitumeuses. Ce ne sont pas brumes fragiles de mémoire ni sécheresse transparente, mais la suie des vies brûlées formant croûte sur les villes, l'éponge gonflée de matière vivante qui ne circule plus, l'engorgement du passé, du présent et de l'avenir qui bloque des existences calcifiées dans une illusion de mouvement: c'est ce que tu trouvais au terme du voyage.
Italo Calvino
In " Les villes invisibles "

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Réintégration [18 - Jan - 08 @ 18:58]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Je suis moi-même l’éternité quand j’abandonne le temps et que je résume moi-même en Dieu, et Dieu en moi.
Angelus Silesius
in " Le Voyageur Chérubinique "

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Tenter d'épeler (pour son propre plaisir: nourriture d'opprobre) le nom de ce rapace attendri [17 - Jan - 08 @ 14:25]
Sujet posté dans le thème: POE
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Tu t'empares du feu
et c'est ton nom qui se consume
La parole nomade s'installe soudain dans le paysage
qui te ressemble si peu
Des vestiges de combats à la veille de l'exil
annulent l'espace de tes désirs
et percent les syllabes de la douleur fraîche,
la douleur de la mort mal épointée....
Iaroslav Serpan
in " Le prédit, l'indit, le médit -LE DIT QUAND MÊME-"
Peinture d'Iaroslav Serpan
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Ombre de neige [16 - Jan - 08 @ 18:57]
Sujet posté dans le thème: POE
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Ombre de neige,
Coeur blanc, sang pauvre, coeur d'enfant.
Le jour.
Il y a toujours le jour du soleil et le jour des
nuages.
Le ciel, bras ouverts, bon accueil
Au ciel.
Paul Eluard
in " Les Nécessités de la vie et les conséquences des rêves "

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L'Ouvert [15 - Jan - 08 @ 12:12]
Sujet posté dans le thème: POE
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De tous ses yeux la créature voit l'Ouvert.
Seuls nos yeux sont comme retournés et posés autour d'elle
tels des pièges pour encercler sa libre issue.
Ce qui est au-dehors nous ne le connaissons que par les yeux de l'animal.
Car dès l'enfance on nous retourne et nous contraint à voir l'envers,
les apparences, non l'ouvert, qui dans la vue de l'animal est si profond.
Libre de mort.
Nous qui ne voyons qu'elle,
alors que l'animal libre est toujours au-delà de sa fin:
il va vers Dieu; et quand il marche,
c'est dans l'éternité, comme coule une source.
Mais nous autres, jamais nous n'avons un seul jour le pur espace
devant nous, où les fleurs s'ouvrent à l'infini.
Toujours le monde, jamais le Nulle part sans le Non,
la pureté insurveillée que l'on respire,
que l'on sait infinie et jamais ne désire.
Il arrive qu'enfant l'on s'y perde en silence,
on vous secoue. Ou tel mourant devient cela.
Car tout près de la mort on ne voit plus la mort
mais au-delà, avec le grand regard de l'animal, peut-être.
Les amants, n'était l'autre qui masque la vue,
en sont tout proches et s'étonnent...
Il se fait comme par mégarde, pour chacun,
une ouverture derrière l'autre... Mais l'autre,
on ne peut le franchir, et il redevient monde.
Toujours tournés vers le créé nous ne voyons en lui
que le reflet de cette liberté par nous-mêmes assombri.
A moins qu'un animal, muet, levant les yeux, calmement nous transperce.
Ce qu'on nomme destin, c'est cela: être en face,
rien d'autre que cela, et à jamais en face.
S'il y avait chez l'animal plein d'assurance
qui vient à nous dans l'autre sens une conscience analogue à la nôtre,
il nous ferait alors rebrousser chemin et le suivre.
Mais son être est pour lui infini, sans frein,
sans un regard sur son état, pur, aussi pur que sa vision.
Car là où nous voyons l'avenir, il voit tout
et se voit dans le Tout, et guéri pour toujours.
Rainer Maria Rilke
Huitième Élégie de Duino

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Les Ténèbres [14 - Jan - 08 @ 17:28]
Sujet posté dans le thème: POE
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La rose de marbre immense et blanche était seule sur la place déserte où les ombres se prolongeaient à l'infini. Et la rose de marbre seule sous le soleil et les étoiles était la reine de la Solitude. Et sans parfum la rose de marbre sur sa tige rigide au sommet du piédestal de granit ruisselait de tous les flots du ciel. La lune s'arrêtait pensive en son coeur glacial et les déesses des jardins les déesses de marbre à ses pétales venaient éprouver leurs seins froids.
Robert Desnos
in " Corps et biens (1930) "

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La Poésie...suite [12 - Jan - 08 @ 00:22]
Sujet posté dans le thème: POE
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La vraie poésie ne veut rien dire, elle ne fait que révéler les possibles.
Jim Morrison
in " Wilderness "

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La Poésie....suite [11 - Jan - 08 @ 17:21]
Sujet posté dans le thème: GAL
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...Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont leur compte de pieds ne sont pas des poètes: ce sont des dactylographes. Le vers est musique; le vers sans musique est littérature. Le poème en prose c'est de la prose poétique. Le vers libre n'est plus le vers puisque le propre du vers est de n'être point libre. La syntaxe du vers est une syntaxe harmonique - toutes licences comprises. Il n'y a point de fautes d'harmonie en art; il n'y a que des fautes de goût. L'harmonie peut s'apprendre à l'école. Le goût est le sourire de l'âme; il y a des âmes qui ont un vilain rictus, c'est ce qui fait le mauvais goût. Le Concerto de Bela Bartok vaut celui de Beethoven. Qu'importe si l'alexandrin de Bartok a les pieds mal chaussés, puisqu'il nous traîne dans les étoiles! La Lumière d'où qu'elle vienne EST la Lumière...
...La poésie est une clameur, elle doit être entendue comme la musique. Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie; elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche. Il faut que l'oeil écoute le chant de l'imprimerie, il faut qu'il en soit de la poésie lue comme de la lecture des sous-titres sur une bande filmée: le vers écrit ne doit être que la version originale d'une photographie, d'un tableau, d'une sculpture.
Léo Ferré
in " Préface de "Poète... vos papiers!", 1956 "

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Réalité [10 - Jan - 08 @ 17:07]
Sujet posté dans le thème: GAL
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La poésie est ce qu'il y a de plus réel;
c'est ce qui n'est complètement vrai que dans un autre monde.
Charles Baudelaire
in " Puisque réalisme il y a "

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Le Signe [9 - Jan - 08 @ 17:28]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Le signe incontestable du grand poète, c'est l'inconscience prophétique, la troublante faculté de proférer par-dessus les hommes et le temps, des paroles inouïes dont il ignore lui-même la portée.
Léon Bloy

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La Poésie [8 - Jan - 08 @ 17:16]
Sujet posté dans le thème: POE
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...La poésie n'est pas la tempête, pas plus que le cyclone. C'est un fleuve majestueux et fertile.
Ce n'est qu'en admettant la nuit physiquement, qu'on est parvenu à la faire moralement. Ô nuits d'Young ! vous m'avez causé beaucoup de migraines !
On ne rêve que lorsque l'on dort. Ce sont des mots comme celui de rêve, néant de la vie, passage terrestre, la préposition peut-être, le trépied désordonné, qui ont infiltré dans vos âmes cette poésie moite des langueurs, pareille à de la pourriture. Passer des mots aux idées, il n'y a qu'un pas.
Les perturbations, les anxiétés, les dépravations, la mort, les exceptions dans l'ordre physique ou moral, l'esprit de négation, les abrutissements, les hallucinations servies par la volonté, les tourments, la destruction, les renversements, les larmes, les insatiabilités, les asservissements, les imaginations creusantes, les romans, ce qui est inattendu, ce qu'il ne faut pas faire, les singularités chimiques de vautour mystérieux qui guette la charogne de quelque illusion morte, les expériences précoces et avortées, les obscurités à carapace de punaise, la monomanie terrible de l'orgueil, l'inoculation des stupeurs profondes, les oraisons funèbres, les envies, les trahisons, les tyrannies, les impiétés, les irritations, les acrimonies, les incartades agressives, la démence, le spleen, les épouvantements raisonnés, les inquiétudes étranges, que le lecteur préférerait ne pas éprouver, les grimaces, les névroses, les filières sanglantes, par lesquelles on fait passer la logique aux abois, les exagérations, l'absence de sincérité, les scies, les platitudes, le sombre, le lugubre, les enfantements pires que les meurtres, les passions, le clan des romanciers de cours d'assises, les tragédies, les odes, les mélodrames, les extrêmes présentés à perpétuité, la raison impunément sifflée, les odeurs de poule mouillée, les affadissements, les grenouilles, les poulpes, les requins, le simoun des déserts, ce qui est somnambule, louche, nocturne, somnifère, noctambule, visqueux, phoque parlant, équivoque, poitrinaire, spasmodique, aphrodisiaque, anémique, borgne, hermaphrodite, bâtard, albinos, pédéraste, phénomène d'aquarium et femme à barbe, les heures soûles du découragement taciturne, les fantaisies, les âcretés, les monstres, les syllogismes démoralisateurs, les ordures, ce qui ne réfléchit pas comme l'enfant, la désolation, ce mancenillier intellectuel, les chancres parfumés, les cuisses aux camélias, la culpabilité d'un écrivain qui roule sur la pente du néant et se méprise lui-même avec des cris joyeux, les remords, les hypocrisies, les perspectives vagues qui vous broient dans leurs engrenages imperceptibles, les crachats sérieux sur les axiomes sacrés, la vermine et ses chatouillements insinuants, les préfaces insensées, comme celles de Cromwell, de Mlle de Maupin et de Dumas fils, les caducités, les impuissances, les blasphèmes, les asphyxies, les étouffements, les rages - devant ces charniers immondes, que je rougis de nommer, il est temps de réagir enfin contre ce qui nous choque et nous courbe si souverainement...
Isidore Ducasse, comte de Lautréamont

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Au bord du silence... [7 - Jan - 08 @ 00:04]
Sujet posté dans le thème: POE
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La robe de la nuit enveloppe mon âme…
Les heures de la nuit sont filles de la peur…
Pâle, j'écoute au bord du silence béant.
Albert Samain
in " Le Chariot d'Or "

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La Poésie [6 - Jan - 08 @ 10:31]
Sujet posté dans le thème: POE
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Et ce fut à cet âge... La poésie
vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d'où elle surgit, de l'hiver ou du fleuve.
Je ne sais ni comment ni quand,
non, ce n'étaient pas des voix, ce n'étaient pas
des mots, ni le silence :
d'une rue elle me hélait,
des branches de la nuit,
soudain parmi les autres,
parmi des feux violents
ou dans le retour solitaire,
sans visage elle était là
et me touchait.
Je ne savais que dire, ma bouche
ne savait pas
nommer,
mes yeux étaient aveugles,
et quelque chose cognait dans mon âme,
fièvre ou ailes perdues,
je me formai seul peu à peu,
déchiffrant
cette brûlure,
et j'écrivis la première ligne confuse,
confuse, sans corps, pure
ânerie,
pur savoir
de celui-là qui ne sait rien,
et je vis tout à coup
le ciel
égrené
et ouvert,
des planètes,
des plantations vibrantes,
l'ombre perforée,
criblée
de flèches, de feu et de fleurs,
la nuit qui roule et qui écrase, l'univers.
Et moi, infime créature,
grisé par le grand vide
constellé,
à l'instar, à l'image
du mystère,
je me sentis pure partie
de l'abîme,
je roulai avec les étoiles,
mon coeur se dénoua dans le vent.
Pablo Neruda
in " Mémorial de l'île Noire, 1964 "

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Le poète [5 - Jan - 08 @ 16:26]
Sujet posté dans le thème: POE
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" Il faut effacer le reflet de la personnalité pour que l'inspiration bondisse à tout jamais du miroir. Laissez les influences jouer librement, inventez ce qui a déjà été inventé, ce qui est hors de doute, ce qui est incroyable, donnez à la spontanéité sa valeur pure. Soyez celui à qui l'on parle et qui est entendu. Une seule vision, variée à l'infini.
Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré. "
Paul Éluard
in " Ralentir travaux, 1930

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de profundis... [4 - Jan - 08 @ 16:29]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Notre science est un résumé froid et limité
Qui coupe en formule le tout vivant.
Elle a un cerveau et une tête, mais pas d’âme :
Elle voit toutes choses dans un relief taillé de l’extérieur.
Mais comment peut-on connaître le monde sans ses profondeurs ?
Le visible a ses racines dans le non-vu
Et chaque invisible cache sa signification
Dans un invisible et un non-dévoilé encore plus profond.
Sri Aurobindo

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La mer incréée [3 - Jan - 08 @ 12:10]
Sujet posté dans le thème: ESO
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" Je me plonge seul dans la mer incréée de la pure divinité."
Angelus Silesius
In " Le Voyageur Chérubinique "

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Le Croissant [2 - Jan - 08 @ 16:13]
Sujet posté dans le thème: POE
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…Le soir tomberait peu à peu; l'horizon serait fermé de collines harmonieuses; et lentement le Croissant apparaîtrait sur quelque scène de mélancolie éternelle: adieu, solitude, découragement, fin de songe…
Albert Samain
In " Aux Flancs du Vase "

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Mortefontaine [1 - Jan - 08 @ 02:45]
Sujet posté dans le thème: GAL
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Après mes excursions, j'invite la nature à venir passer quelques jours chez moi; c'est alors que commence ma folie; le pinceau à la main, je cherche des noisettes dans les bois de mon atelier, j'y entends chanter les oiseaux, les arbres frissonner sous le vent, j'y vois couler ruisseaux et rivières chargés de mille reflets du ciel et de la terre, le soleil se couche et se lève chez moi.
Camille Corot
In " Souvenir de Mortefontaine "

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Extrêmement [31 - Dec - 07 @ 14:20]
Sujet posté dans le thème: POE
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Extrêmement se perdre aux bornes de soi-même
Grâce au fil qui nous fut donné
Aboutira peu loin mais c'est le seul extrême
Permis par un monde borné.
Si dans sa propre nuit le voyageur s'enfonce
Il n'en peut atteindre le bout.
UN sphinx garde la porte et ne donne réponse
Autre que ses yeux de hibou.
Jean Cocteau
In " Clair-Obscur "

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Bruges [30 - Dec - 07 @ 13:50]
Sujet posté dans le thème: POE
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O ville d'exemplaire et stricte piété !
Les sombres maisons
- Même dans leurs vitres rien ne s'azure -
Ont l'air d'une communauté
En oraison,
A genoux dans l'eau qui se moire;
Et les reflets des murs sont des cassures
De robe noire...
Georges Rodenbach
In " Le Règne du silence "

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Attente [29 - Dec - 07 @ 12:17]
Sujet posté dans le thème: POE
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je connaissais l'attente
le glaïeul éclatant du désir
et sa racine noire
et sa noire fenaison
la statue qui vous brûle
puis tombe de l'odeur comme d'un piédestal
et n'est plus qu'un peu d'os
dans son linge de peau chaude...
Alain Borne

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Quête [28 - Dec - 07 @ 16:26]
Sujet posté dans le thème: POE
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A pied il m'a fallu traverser le système solaire
Avant de trouver le premier fil de ma robe rouge.
Je m'imagine pure.
Quelque part dans l'espace pend mon coeur,
Des étincelles en ruissellent, secouant l'air,
Jusqu'à d'autres cœurs illimités.
Edith Södergran

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Une odeur de silence... [27 - Dec - 07 @ 18:11]
Sujet posté dans le thème: POE
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"La maison remplissait le ciel. Le volet filtrait son or pâli. - J'attendais, derrière le tremblement. Peut-être que ce n'était plus de l'effroi, de l'attente : une sorte de paisible certitude. J'ai entendu le bruit clair de la fenêtre, le cliquetis du crochet. - Les volets se sont ouverts sans bruit. - Le temps n'allait pas très vite. Le visage au centre, était le même que cinq ans plus tôt - ou cinquante ou cent mille - et je me suis demandé comment j'avais pu en douter".
Pierre Bergounioux
In " La Maison Rose "

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Réintégration [26 - Dec - 07 @ 12:33]
Sujet posté dans le thème: ESO
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" Il n'y a pas de différence entre la naissance éternelle, la réintégration et la découverte de la Pierre philosophale. Tout étant sorti de l'éternité, tout doit y retourner d'une même façon."
Jacob Böhme
In " De Signatura Rerum "

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Le moment [25 - Dec - 07 @ 11:07]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Heureux le moment où nous serons assis dans le palais,
Toi et moi,
Avec deux formes et deux visages, mais une seule âme, Toi et moi.
Rûmî

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Naissance [24 - Dec - 07 @ 16:20]
Sujet posté dans le thème: ESO
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" Quand le Christ serait né mille fois à Bethléem, s’il ne naît pas en toi, tu es perdu pour l’éternité ".
Angelus Silesius
in " Le Voyageur Chérubinique "

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Arbres [23 - Dec - 07 @ 23:57]
Sujet posté dans le thème: POE
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Arbres
Tendues les mains qui griffent les nuages
Tombent de noirs oiseaux
La boue monte
Les feuilles s'agitent plus haut encore
Les branches me traversent se perdent dans les dernières ramures du sang
Elles parlent autour de mes doigts
La respiration du jour se fait ici
Le matin le crépuscule je les appelle ici
Je les couvre d'enfance
Je broie les écorces
Ici le temps se mesure à la tranche d'un chêne abattu
Et les reflets du ciel dans les ornières froides
Enracinent ton image dans mon ventre.
Georges Jean
in " Les mots du ressac "

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Ciel [22 - Dec - 07 @ 21:36]
Sujet posté dans le thème: POE
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Au cœur des mots
Toujours les mêmes fleurs
Vous me parlez d'abeilles
De rameaux
De sève de cigales
Et du matin que vous avez dans l'âme
Et vous fermez les yeux
Sur les secrets de pleine ivresse
L'hiver
Vous le savez
Blanchit le soleil même
Essayez donc
De renverser le ciel sur votre table.
Serge Brindeau
in " Rivière de tout bois "

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Orkney [21 - Dec - 07 @ 18:10]
Sujet posté dans le thème: POE
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un scapulaire de mer
entre les îles : lisse, luisant
comme un os mince
Frances Horovitz
in " Collected Poems "

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dans les abîmes [20 - Dec - 07 @ 14:02]
Sujet posté dans le thème: GLERC
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Pareil à l'enfant sur le seuil de la Nuit, dans l'effroi des abîmes, dans la brûlure du fouet da la fausse parole, dans la sidération de la Perte, dans la violence de l'injustice, tu te tiens.
Pareil au blessé qui vacille au bord extrême de la conscience, tu te tiens, Job, en équilibre entre le Bien et le Mal.
Et si tu tombais, quelle main se tendrait pour te rattraper ou te guider vers la nouvelle lumière?
Le méchant ne peut menacer l'inatteignable.
Il n'est qu'un reflet fugace à peine aperçu sur la surface de l'Origine.
Job, ne crains pas, ne doute pas : tu traverses l'épreuve, tu es vivant - regarde: le méchant n'est qu'un masque de sa propre illusion.
Tu te tiens en équilibre sur le seuil des abîmes, entre le Bien sans désir et le Désir sans loi. Face à la tempête du Mal.
Le méchant ne peut entamer l'inatteignable.
Nous renaîtrons de la poussière. Nous nous relèverons. De nul tombeau. De nulle plainte. Soulevés par une Force inconnue, nous survolerons les espaces et les abîmes de la Perte.
Et nous connaîtrons notre matin ultime et premier. Et nous verrons la chair unique se fondre dans le regard éternel.
Alain Suied
in " la revue improbable - n° 26 "
Le Blog à voir d'Alain Suied :
http://poesiefr.rmc.fr/
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Tàijitû [19 - Dec - 07 @ 19:31]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Au delà du bien faire et du mal faire existe un espace. C'est là que je te rencontrerai.
Rûmî

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Grain de nuit [18 - Dec - 07 @ 16:36]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Tu peux sonder la nuit qui nous entoure.
Tu peux foncer sur cette nuit... Tu n'en sortiras pas.
Adam et Ève, qu'il a dû être atroce, votre premier baiser,
Puisque vous nous avez créés désespérés!
Omar Khayyâm
in " Rubayat - quatrain CXX "

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Aristote et la fleur [16 - Dec - 07 @ 12:11]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Qui a raison, la fleur imaginant Dieu comme un parfum, ou Aristote concevant Dieu qui se pense éternellement ? Aristote et la fleur font la même démarche: l'un divinise sa pensée, l'autre ses effluves. Tous deux ont raison, car Dieu est Tout, et chaque partie de la création n'ouvre sur Lui qu'un minuscule angle de vue.
Cheikh Ahmed Al-Alawi

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Coeur blanc [15 - Dec - 07 @ 18:08]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Le livre du soufi n'est pas composé d'encre et de lettres ; il n'est rien d'autre qu'un coeur blanc comme neige.
Rûmî

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Au-delà... [14 - Dec - 07 @ 15:26]
Sujet posté dans le thème: ESO
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" L'au-delà de la vie rejoint l'au-delà de la mort : une même eau, un même feu, un même désert."
Edmond Jabès
in " Le livre des questions "

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Le coeur du poète [13 - Dec - 07 @ 14:25]
Sujet posté dans le thème: POE
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Toute la terre
dans un éclat de siècles,
de racines mises à nu
et serrées dans l'amour,
à grands pas
s'approche du poète.
Et les murs,
le rempart qui sommeille
abattu sur lui-même,
tous
mêlés d'oiseaux, de patience
ou de larmes,
la poitrine rouge
à cause des peines,
tournent leurs yeux de pluie
du côté de son coeur.
Claude Saguet
in " Étincelles d'ombre "
Jim Morrison
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Grain de nuit [12 - Dec - 07 @ 14:42]
Sujet posté dans le thème: POE
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un grain de nuit
et la porte ne peut se clore
le pivot de la veille grince
sur nous le temps se courbe
un grain de sommeil
allaite la nuit
Gil Pressnitzer

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Le Vent de l'Âme [11 - Dec - 07 @ 17:36]
Sujet posté dans le thème: ESO
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Je sens sur mon visage le doux vent de l'âme et ses fraîcheurs. Ami, que ne partages-tu cette douce sensation ? Tu es là, insensible aux volutes nacrées, aux arabesques invisibles, aux parfums enroulés dans les passages du vent. Parfois, on voit le vent sans le sentir, parfois on le sent sans le voir. Parfois aussi, on ne le voit pas ni ne le sent, mais il est là, frémissant doucement dans un pli de lumière...
Arif al-Zeituni

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Repentir [10 - Dec - 07 @ 23:28]
Sujet posté dans le thème: GAL
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"L'homme ordinaire se repent de ses péchés :
Les élus se repentent de leur négligence."
Dhu'l-Nun Misri

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Eternité [9 - Dec - 07 @ 12:05]
Sujet posté dans le thème: GAL
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" Homme, si tu veux exprimer l’essence de l’Éternité, il te faut d’abord renoncer au langage."
Angélus Silesius
in " Le Voyageur Chérubinique "

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Poésie [8 - Dec - 07 @ 21:58]
Sujet posté dans le thème: GAL
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"Toute poésie est un voile étendu sur la pointe de quelques mots. Ces mots-là brillent comme des étoiles. C'est à cause d'eux qu'une poésie existe..."
Alexandre Blok
in " Lettre du 21 décembre 1906 "

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Mots [7 - Dec - 07 @ 16:28]
Sujet posté dans le thème: POE
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"Les mots sont des fenêtres, des portes entrouvertes dans l’espace ; je les devine à la pression de nos paumes sur elles, aux empreintes qu’elles y ont laissées".
Edmond Jabès
in " Le livre des questions "

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Se taire... [6 - Dec - 07 @ 20:48]
Sujet posté dans le thème: POE
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Obscur chuchotement du vent
Dans les moissons
La victime est préparée à la souffrance
Les racines sont silencieuses
Mais les épis
Connaissent beaucoup de langues maternelles -
Et le sel de la mer
Pleure dans le lointain
La pierre est une existence de feu
Et les éléments arrachent leurs chaînes
Pour s’unifier
Quand des nuages l’écriture des esprits
S’en vont prendre les figures d’origine
Secret aux frontières de la mort
« Pose le doigt sur ta bouche :
se taire se taire se taire »…
Nelly Sachs
in " Dans les demeures de la mort "
Van Gogh - Champ de blé aux corbeaux
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Gouttes [5 - Dec - 07 @ 13:36]
Sujet posté dans le thème: POE
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Va-et-vient lumineux
Ressac de la fatigue
Goutte à goutte le temps creuse ta pierre nue
Poitrine ravinée par l'acier des minutes
Et la main dans le dos qui pousse à l'inconnu
Pierre Reverdy

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Toitures [4 - Dec - 07 @ 14:23]
Sujet posté dans le thème: POE
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« Faire entrer l'univers sur la feuille,
De la strophe épouser les contours.
Je voudrais, imitant la sculpture
Des buissons et des souches, dresser
Sur la page une mer de toitures,
L'univers et la ville enneigée. »
Boris Pasternak
(Après la tempête de neige)

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Le pont [3 - Dec - 07 @ 12:27]
Sujet posté dans le thème: POE
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Je viens du monde encore sans nom
qui donne naissance au poème
Regarde,
je n'ai plus ni voix ni visage :
seule une rumeur d'oiseaux
sur laquelle tu te penches.
Je voudrais être un pont
entre cette vie et l'autre ;
ou ce chien sans couleur
qui joue avec mes rêves
au premier cri de l'aube
Regarde,
je suis fait d'ombres,
blessé de villes impénétrables,
mais je m'élance dans l'heure vive
entraînant l'horizon déjà sous le soleil.
Claude Saguet
in " l’œil déserté "
Claude Saguet. autoportrait sur pellicule
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Dehors [2 - Dec - 07 @ 11:12]
Sujet posté dans le thème: GAL
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"La poésie chuchote le lieu. Mais l'arbre aussi. L'insecte. Le caillou. Le nuage. L'eau. Le feu. L'abeille et le pollen. Tous chuchotent les uns dans les autres et continuent de pleurer, de se croire seuls, séparés, abandonnés, jusqu'au moment où le lieu à nouveau les traverse, puis se traverse lui-même. Genèse et apocalypse se sourient. Dehors les chiens, les sorciers, les impurs, les assassins, les idolâtres et celui qui s'est plu, un jour, à créer le Ciel et la Terre! Dehors celui qui dedans se tait puis tout à coup s'exclame et parle à notre place par notre bouche. Dehors celui qui se trompe pour aimer l'homme dans son erreur et toute présence dans son envers. Dehors enfin tout le dedans et sa Toute Splendeur de vacuité."
Dominique Sampiero
in " Celui qui dit les mots avec sa bouche "

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Murmure [1 - Dec - 07 @ 14:16]
Sujet posté dans le thème: GAL
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" Nous n'appelons, nous n'invoquons, n'attendons jamais que nous-mêmes dont nous sommes séparés par le cri ou le murmure que nous émettons en nous approchant. "
Richard Millet
in " Le sentiment de la langue "

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Contresens [30 - Nov - 07 @ 14:37]
Sujet posté dans le thème: POE
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Lorsque nombres et figures ne seront plus
La clef de toutes créatures,
Lorsque tous ceux qui s'embrassent et chantent
En sauront plus que les s | | | | |